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Problèmes systémiques à faire respecter le français au fédéral

Raymond Théberge
Photo Boris Proulx Le commissaire aux langues officielles, Raymond Théberge.

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OTTAWA | La pandémie de COVID-19 a exposé les problèmes «systémiques» du gouvernement fédéral, qui peine à respecter ses obligations linguistiques, constate le Commissaire aux langues officielles dans son rapport annuel déposé ce matin.  

« En temps de crise, la capacité déficiente des institutions fédérales à fournir des services au public dans les deux langues officielles se livre au grand jour», souligne le commissaire Raymond Théberge. 

  • Écoutez l'entrevue de Raymond Théberge avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:

Autorisation de l’étiquetage en anglais seulement de produits chimiques, envoi de textos uniquement en anglais, présence déficiente du français dans les conférences de presse des autorités fédérales ; le commissariat a reçu de nombreuses plaintes liées à la pandémie dans la dernière année. 

Plusieurs de ces plaintes font l’objet d’une enquête qui est toujours en cours. 

Même en temps normal, les employés fédéraux travaillent dans une des langues officielles, et l’autre langue est reléguée à la traduction, note M. Théberge. 

Le commissaire souligne que les situations d’urgence ne peuvent justifier les accros aux obligations linguistiques du gouvernement fédéral. 

«Le non-respect des droits linguistiques, même s’il a été exacerbé par les situations d’urgence, demeure une violation aux droits garantis par une loi quasi constitutionnelle et ne saurait être excusé, peu importe que nous soyons ou non en temps de crise», écrit-il dans son rapport d’une trentaine de pages. 

Le Commissariat a reçu l’an dernier 1 870 plaintes en vertu de la Loi sur les langues officielles, dont 138 liées à la pandémie.