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Front commun à Ottawa contre les bonis de 20 M$ chez Air Canada

STOCKQMI-AVION
Photo d'archives

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Justin Trudeau qualifie d’«inacceptables» les 20 millions $ en bonis offerts aux hauts dirigeants d’Air Canada après une année pandémique désastreuse et une aide d’urgence puisée à même la poche des contribuables.

Les élus de tous les partis fédéraux à la Chambre des Communes ont adopté jeudi une motion du Bloc pour dénoncer les 20 millions $ en bonis offerts aux hauts dirigeants d’Air Canada après une année pandémique désastreuse et une aide d’urgence puisée à même la poche des contribuables.

La veille, Justin Trudeau qualifiait la situation d’«inacceptable». «Choqués» et «en furie», les Canadiens sont en droit de demander des «explications solides» à la plus grande ligne aérienne au pays, avait-il martelé pendant la période de questions.

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«Nous avons signé une entente avec Air Canada qui, entre autres, limitait la rémunération des cadres, y compris pour les options d'achat d'action. Or, on voit que, peut-être même alors qu'Air Canada était en train de négocier ses contrats avec nous, Air Canada donnait des bonis énormes aux cadres, ce qui est tout à fait inacceptable», avait lancé le premier ministre.

Ces «primes de motivation» ont été accordées aux cadres de l’entreprise pour leur «performance» durant l’année la plus difficile dans l’histoire de l’aviation civile.

Le député bloquiste Xavier Barsalou-Duval, à l’origine de la motion, a indiqué sur Twitter que son parti demandera au premier ministre la mise sur pause du plan d’aide fédéral de 5,9 milliards $ destiné à l’entreprise en attendant le remboursement des bonis.  

  • Écoutez l'analyse de Caroline St-Hilaire et d'Antoine Robitaille avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:   

Sauvée par le public

Air Canada a mis à pied plus de la moitié de ses employés depuis le début de la pandémie, soit environ 21 700 travailleurs, mais a bénéficié de 650 millions $ en subvention salariale du gouvernement fédéral pour maintenir une partie des effectifs restants.

Ce montant en fait l’un des plus importants bénéficiaires privés de l’aide offerte durant la pandémie de COVID-19.

«Pendant que bien des travailleurs se sont effectivement fait licencier, que ce soit des gens qui travaillent dans les avions ou dans la mécanique, et vivent des moments extrêmement difficiles, le fait que les hauts dirigeants aient des bonis comme cela, c'est tout à fait inacceptable», a répété M. Trudeau en Chambre.

Les 20 millions $ ont été distribués à cinq dirigeants sous diverses formes, mais la part du lion est revenue à l'ex-PDG Calin Rovinescu, qui a quitté avec l'équivalent de 9,26 millions $.

Rappelons qu’Ottawa a aussi bouclé une entente de 5,9 milliards $ en aide à Air Canada au mois d’avril dernier. L’accord incluait un plafond de rémunération des dirigeants à 1 million $ valide jusqu’au remboursement de sa dette, mais la distribution des bonis s’est faite pendant les négociations, donc avant la conclusion de l’entente.

La ministre des Finances Chrystia Freeland, «très déçue» des actions de la direction de l’entreprise, a souligné mercredi que la limitation sur la rémunération des dirigeants à l'avenir lui tenait à cœur.

Air Canada a aussi refusé jusqu’à tout récemment le remboursement pour les vols annulés en raison de la COVID-19, mais non sans l’aide d'un crédit de 1,4 milliard $ du fédéral compris dans le plan de rescousse.

«On s'attend tous à ce qu'Air Canada s'explique», a réitéré Justin Trudeau.

«La situation des bonis chez Air Canada, c’est disgracieux! a déclaré le député conservateur Richard Martel. Le premier ministre se déculpabilise alors que les conservateurs ont dit clairement que l’argent des contribuables ne devrait pas servir à payer les salaires ou les primes des cadres.»