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Démission ministérielle de Fitzgibbon: foire d'empoigne sur le code d'éthique

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La réforme du code d’éthique espérée par François Legault vire à la foire d’empoigne : les partis d’opposition reprochent à Pierre Fitzgibbon d’être à l’argent, et le premier ministre les accuse d’être antientrepreneurs.

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« Le véritable enjeu, c’est qu’il y a en cette Chambre un député qui a décidé qu’il ne voulait pas perdre trop d’argent pour venir faire de la politique », a laissé tomber la cheffe libérale, Dominique Anglade, qui résume ainsi la démission de Pierre Fitzgibbon comme ministre de l’Économie. 

Cette affaire a été au centre des débats parlementaires jeudi. M. Fitzgibbon — qui reste à la CAQ comme élu — a quitté ses fonctions à la suite du dépôt d’un quatrième rapport très critique de la commissaire à l’éthique à son endroit. Ariane Mignolet sommait le politicien-investisseur de vendre ses actions dans deux entreprises qui ne sont pas cotées en bourses. Cette manœuvre lui aurait fait perdre un million de dollars, estime ce dernier, qui a préféré partir.    

  • Écoutez l'entrevue de Pierre Fitzgibbon avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:   

Pour François Legault, c’est le signe que le code d’éthique doit changer pour faire plus de place à des gens de la trempe de M. Fitzgibbon. Il demande plus de souplesse. Personne ne remet en doute l'honnêteté de M. Fitzgibbon, souligne-t-il. Il a reproché aux partis d’opposition leur blocage. « Ils ne veulent pas collaborer à ajuster le code pour qu’on ait des entrepreneurs qui ont des investissements dans des entreprises privées », a-t-il pesté. 

L'exception Fitzgibbon

Ses adversaires croient plutôt que M. Legault cherche à faire une exception Fitzgibbon, et soulignent que les entrepreneurs sont nombreux en politique, et qu’ils font tous des sacrifices. Le libéral Gaétan Barrette dit que les pertes financières sont à prévoir. « Lorsqu’on est dans une situation financière avantageuse et qu’on se lance en politique, on perd. [Christian Dubé] chaque année, il laisse, sur la table, au moins, 1,5 million de dollars. Le ministre des Finances, chaque année, il laisse, sur la table, des centaines de milliers et, à la fin de son mandat, il va avoir laissé, sur la table, plus de 1 million [...] », a-t-il dit.  

Le député de Québec solidaire Vincent Marissal, qui a provoqué le départ de M. Fitzgibbon en demandant un nouvel examen à la commissaire à l’éthique, a comparé la demande de M. Legault à une commande dans un restaurant Subway. « Le code d’éthique, ce n’est pas un sandwich [...] qu’on assemble selon le goût du jour et nos allergies, ou ce qu’on aime, ou qu'on n’aime pas, ou selon la tête du client », a-t-il affirmé. 

Déstabiliser une institution

Le leader parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, lui, estime que le premier ministre veut « déstabiliser une institution importante votée par tous, le Commissaire à l’éthique », pour « sauver » un ami proche. « Des entrepreneurs qui ont un sens éthique, ça existe. Si le premier ministre en a dans son caucus, ce qu’il aurait fait, c’est qu’il aurait procédé à [leur] promotion. Il n’en a pas trouvé dans son caucus, manifestement », a-t-il laissé tomber. 

M. Legault n’a pas aimé se faire passer le gant au visage. « Le PQ, là, j’ai été là, ce qui les intéresse, c’est la souveraineté. À chaque fois que je parlais d’économie dans le caucus, ça n’intéressait pas personne », a-t-il lancé. 

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