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Mort d'un bambin lors d'une panne des numéros d'urgence en France

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Un enfant de 28 mois est décédé au domicile familial, dans l'ouest de la France, lors de la panne des numéros d'urgence qui a entravé massivement l'accès aux secours en France, ont annoncé jeudi soir les autorités locales.

• À lire aussi: France/panne numéros d'urgence: des dysfonctionnements «graves et inacceptables», déplore le ministre de l'Intérieur

Le décès d'un jeune enfant de deux ans et demi «a été constaté et déploré ce matin» jeudi, a déclaré le préfet de Vendée Benoît Brocard lors d'une conférence de presse, parlant d'un «drame» survenu dans le contexte de la panne des numéros d'urgence.

«Il apparaît qu'il y a un doute quant aux conséquences que ce dysfonctionnement aurait pu avoir dans le délai d'appel. C'est ce doute légitime qui nous conduit à demander une enquête administrative», a-t-il ajouté.

Selon le responsable des autorités sanitaires locales, Jean-Jacques Coiplet, un premier appel a été reçu par le Service d'aide médicale urgente à 08h21 (heure locale). La maman aurait tenté auparavant «pendant une heure de joindre sans succès le 18 puis le 15». L'appel de 08h21 a pu être établi grâce au numéro de substitution à 10 chiffres, a-t-il précisé. 

À 08h22, les pompiers de la commune et les médecins urgentistes locaux sont partis tandis qu'un régulateur médical donnait des conseils à la maman pour les premiers soins de l'enfant, en arrêt cardiaque.

Le décès de l'enfant a été constaté par 09h25 au domicile familial, a indiqué M. Coiplet.

Le gouvernement «préoccupé» par la panne  

Les autorités françaises sont «très préoccupées» par le possible bilan humain de la panne qui a gravement perturbé les numéros de secours en France mercredi soir et pourrait avoir causé la mort d'au moins trois personnes, et pour lequel l'opérateur Orange a présenté de «vives excuses».

«C'est trop tôt pour faire un bilan, mais évidemment on est très préoccupé», a déclaré jeudi le président français, Emmanuel Macron, en déplacement dans le sud-ouest de la France.

La panne d'un équipement chargé d'acheminer les appels a entravé massivement l'accès aux numéros d'urgence et aux lignes fixes mercredi après-midi jusqu'à minuit, rendant de nombreux services de secours difficiles à joindre par le public à travers la France.

Le PDG d'Orange, Stéphane Richard, a présenté «ses plus vives excuses à celles et ceux qui ont été touchés ces dernières heures», à l'issue d'une convocation dans la matinée du ministre de l'Intérieur.

«Pour nous, la situation est totalement normale. Les gens peuvent appeler ces numéros, ils seront parfaitement acheminés à destination», a-t-il déclaré jeudi en fin d'après-midi sur la radio RTL.

Plus tôt sur la chaîne privée TF1, il avait écarté totalement l'hypothèse d'une cyberattaque. «La cause racine» est «plus probablement une défaillance logicielle dans (les) équipements critiques de réseaux», a-t-il dit alors qu'Orange avait précédemment évoqué un incident sur un «équipement de type routeur», l'équipement chargé d'acheminer le trafic.

Une cellule interministérielle de crise va se réunir vendredi à 07h30 pour faire un bilan de la nuit.

Un audit a été lancé par le gouvernement, qui rappelle qu'Orange (ex-France Télécom et opérateur historique français) a une obligation de résultat pour assurer l'accès aux numéros d'urgence.

Plusieurs syndicats d'Orange pointent jeudi la «perte de maîtrise» ou la «fragilisation» des réseaux de l'opérateur téléphonique après la panne.

Pour la Fédération nationale des sapeurs pompiers de France, l'incident montre le besoin de rénover «notre système d'alerte» et de créer un numéro unique dédié aux appels d'urgence, le 112, qu'elle appelle de ses voeux depuis longtemps. Même si l'on ignore encore si un tel numéro aurait empêché la panne.