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Camacho a trouvé son rythme

Il est le joueur le plus constant de l’équipe cette saison

SOCCER-USA/
Photo d'archives Le défenseur du CF Montréal Rudy Camacho affiche plus d’intensité dans le feu de l’action comme a pu le constater Hany Mukhtar du Nashville SC, en avril dernier.

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Rudy Camacho est un joueur transformé en ce début de saison. L’arrière central français est devenu le défenseur le plus fiable de l’équipe, la pierre d’assise d’une brigade défensive encore jeune.

Mais pour Camacho, rien n’a changé. Il est le même homme qu’il était auparavant. Ce sont les circonstances qui sont différentes.

« Je ne suis pas un joueur différent, assure-t-il au bout du fil. Mes deux premières années, je me suis battu pour faire disparaître mon psoriasis.

« J’ai combattu des traitements très lourds qui ont entraîné une baisse de lucidité et qui m’ont affecté.»

Doutes

Tout ça a fait en sorte que Camacho a mis du temps à retrouver la confiance qu’il affiche cette saison.

« L’année dernière, ça allait très bien sur le plan physique et j’ai eu besoin de reprendre confiance en raison des deux premières saisons parce que ça allait mal et que j’ai perdu mon niveau d’un coup.

« L’an passé c’était une année de transition, j’étais bien physiquement et il s’est passé certaines choses qui ont un peu tout gâché. »

À ses yeux, il peut enfin s’exprimer sur le terrain et montrer ce que l’état-major de l’équipe a vu en lui quand il lui a accordé un contrat de quatre ans à la veille de la saison 2018.

« J’avais repris confiance et à partir de ça, je redeviens le joueur que j’étais avant de venir à Montréal et le joueur que l’équipe a recruté.

« J’ai douté, ç’a été dur, mais je connais mes qualités et je suis quelqu’un de confiant. Je me sens bien, je me sens important. »

Plus rugueux

Quand on souligne à Camacho qu’il semble préconiser un foot encore plus intense cette saison en n’hésitant pas à jouer des épaules, il soutient que ça fait partie de l’adaptation.

« Je me suis toujours adapté au niveau dans lequel j’ai joué en Belgique, c’était aussi physique, mais il y avait moins de jeu direct et plus de construction. Ici, c’est un peu du ping-pong.

« L’année dernière, j’ai vraiment progressé sur le jeu physique. En Belgique, c’était surtout moi qui faisais le jeu de derrière. J’essaie de défendre en avançant et en ne laissant pas l’adversaire se retourner. »

Ça fait donc partie de son évolution en tant que joueur. Il a développé certains aspects de son jeu qui le rendent plus complet.

« Avant, j’étais vraiment focalisé sur l’aspect technique, la tactique et la relance. On me demandait des fois de tacler et ce n’était pas trop mon truc. J’ajoute une facette à mon jeu. »

Parfois, sa façon de faire rappelle un peu celle de Laurent Ciman, qui est désormais son entraîneur, mais il jure que ce n’est pas une influence du Belge, qu’il a croisé à quelques reprises sur des terrains de MLS, mais jamais en Belgique.

Vétéran

À 30 ans, Camacho est le doyen de l’équipe avec Kiki Struna et Erik Hurtado, qui ont le même âge.

« Dans ma tête, j’ai encore 20 ans et des fois il y a des petits comme Jean-Aniel [Assi] qui viennent me parler comme si j’avais 35 ans. Ça me fait bizarre, mais je suis encore jeune dans la tête. »

Et malgré son statut de vétéran, ce n’est pas lui qui va faire de grands discours dans le vestiaire.

« Je ne me considère pas comme quelqu’un de réservé, mais je n’aime pas faire des discours ou me mettre en avant.

« Je préfère aller voir les personnes individuellement pour leur parler. Il y a des gens qui sont faits pour être leaders sur le terrain. En dehors, je ne me sens pas à l’aise avec ça. » 

Camacho sera résident canadien 

Rudy Camacho et sa famille seront bientôt résidents permanents du Canada, première étape vers la citoyenneté.

Il dévoile l’information au détour d’une conversation en mentionnant qu’il se verrait bien porter les couleurs de l’équipe canadienne un jour, ce qui serait possible puisqu’il n’a jamais porté les couleurs de la France sur la scène internationale.

Quand on lui mentionne que la Coupe du monde de 2026 sera en partie disputée au Canada et qu’il sera encore en âge de jouer, on l’entend rire un peu.

Mais tout ça dépend justement de son avenir puisqu’il écoule la dernière année d’un contrat de quatre ans.

De retour ?

S’il affiche le même niveau de jeu pendant toute la saison, il pourrait bien être courtisé. Il pourrait même l’être dès cet été.

Mais s’il n’en tient qu’à lui, il aimerait bien rester avec le CF Montréal même si on comprend qu’il prendra la meilleure décision pour sa famille et lui.

« C’est le club dans lequel je suis resté le plus longtemps malgré les difficultés. J’ai toujours apprécié ce club et ses fans.

« C’est ma deuxième maison, ma famille et moi sommes bien ici. J’aimerais bien continuer à Montréal. »

Ça pourrait toutefois accrocher sur le plan financier. Cette saison, Camacho touche un salaire garanti de 850 000 $, ce qui est très élevé pour un défenseur de MLS.

S’il souhaite rester à Montréal, il devrait sans doute accepter une baisse de salaire, ce qui n’est peut-être pas alléchant pour un joueur qui a quelques bonnes années devant lui et qui aimerait signer au moins un autre bon contrat avant d’accrocher ses crampons.