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Facebook et les dangers de la censure

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Coup de tonnerre ! Facebook annonce ne plus censurer les messages qui avancent que la Covid-19 aurait fuité d’un laboratoire de Wuhan.

Formidable ! Mais puisque Facebook avoue pratiquer une censure décomplexée, plusieurs questions s’imposent. 

Manipulation

Premièrement, pourquoi censurer, d’autant plus que Facebook affirme vouloir « créer un espace d’expression et donner une voix aux personnes » ? Certes, de fausses informations peuvent circuler, tout comme des livres truffés d’inepties occupent les rayons de bibliothèques. Mais aucun bibliothécaire et aucun éditeur ne s’en indigne. Alors pourquoi Mark Zuckerberg voudrait-il faire disparaître des messages ? Serait-ce pour promouvoir ses propres opinions ? Ou serait-il la courroie de transmission de plus puissants que lui ?

Deuxièmement, de quel droit Facebook s’est-il autoproclamé juge de vérité ? Quelles expertises ses modérateurs ont-ils pour décréter ce qui est bien ou mal, ce qui passe ou ce qu’on casse ? Pour toute réponse, la plateforme affirme vouloir privilégier la rigueur scientifique. Foutaise ! L’essence de la science est d’avancer d’hypothèses en réfutations. Ni les convenances ni les convictions ne devraient y faire obstacle. 

Troisièmement, restreindre la liberté d’expression, c’est manipuler l’opinion publique en tentant de construire une vérité. Or, si la plateforme Facebook s’est donné cette liberté à propos de l’origine du virus, quels autres sujets a-t-elle bien pu mettre à l’index pour délit d’opinion ? 

Et finalement, si Facebook a voulu étouffer une théorie pendant un an, pourquoi faire volte-face maintenant ? Uniquement par souci de transparence ? Ou se pourrait-il que ce virage s’inscrive dans un nouvel effort de manipulation ? 

Aveu

Chose certaine, en avouant son crime, Facebook a non seulement fait douter ceux qui croyaient en son intégrité, mais a aussi alimenté le sentiment des complotistes qui affirment que l’information est contrôlée.

Quant à M. Zuckerberg, il devrait être interrogé sur l’étendue de cette pratique et sur ses réelles motivations. On ne va quand même pas le laisser s’en tirer aussi facilement !