/investigations
Navigation

Fitzgibbon a confié ses actifs à une vieille connaissance

Les règles interdisent tout lien personnel ou professionnel avec son mandataire

Conf presse Mélanie Joly Pierre Fitzgibbon
Photo d'archives, Chantal Poirier Pierre Fitzgibbon a choisi de démissionner du conseil des ministres, mercredi, après un rapport de la commissaire à l’éthique.

Coup d'oeil sur cet article

L’ex-ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a confié ses actifs à un ancien collègue administrateur avec qui il a également soupé par la suite lors d’une soirée privée, malgré des directives éthiques restreignant leurs liens et leurs contacts.

• À lire aussi: Départ de Fitzgibbon du Conseil des ministres: Girard dit qu’il n’est pas un ministre par intérim

• À lire aussi: Démission ministérielle de Fitzgibbon: foire d'empoigne sur le code d'éthique

Michel Ringuet a accepté en décembre 2018 de devenir le mandataire de M. Fitzgibbon afin de gérer ses actions et autres titres financiers.

M. Fitzgibbon a démissionné de ses fonctions ministérielles mercredi à la suite d’un rapport de la commissaire à l’éthique de l’Assemblée nationale, Ariane Mignolet, au sujet de deux entreprises, White Star Capital et Immervision, dans lesquelles il détient des intérêts.

Si M. Fitzgibbon ne se départissait pas de ces entreprises, Mme Mignolet exigeait qu’il élimine toute apparence de conflit d’intérêts avec elles en redevenant simple député et en confiant ces actifs à M. Ringuet, ce qui n’était pas le cas jusque-là. 

  • Écoutez le journaliste Alexandre Robillard sur QUB radio:   

UN SOUPER

Dans une entrevue avec notre Bureau d’enquête hier, M. Fitzgibbon a affirmé qu’il a connu M. Ringuet dans un contexte social il y a « au moins 10, 15 ans ». Il l’a d’ailleurs vu l’été dernier dans une soirée privée.

« J’ai vu physiquement M. Ringuet en juin 2020 dans un souper social et je n’ai pas vu M. Ringuet depuis », a-t-il déclaré.

Questionné sur la possibilité d’autres échanges avec son mandataire, l’ex-ministre demeure flou. « Je ne me rappelle pas, a-t-il dit. Je lui ai peut-être parlé, par contre. »

M. Fitzgibbon assure toutefois qu’il s’est toujours conformé aux règles éthiques lui interdisant de discuter avec M. Ringuet des actifs qu’il lui a confiés. 

« Je n’ai jamais influencé M. Ringuet sur la gestion des placements », a-t-il soutenu.

M. Fitzgibbon a refusé de dire si M. Ringuet est son ami. « C’est quoi un ami ? J’ai beaucoup de soupers privés où ce n’est pas mes amis », a soutenu le député de Terrebonne.

M. Ringuet a suggéré la nomination de M. Fitzgibbon au conseil d’administration de Lumenpulse, où ils ont siégé ensemble de 2014 à 2017.

M. Ringuet est toujours actif au sein de Lumenpulse, qui s’appelle maintenant LMPG, ainsi que de Lion électrique. Ces entreprises ont des liens avec Investissement Québec, qui relevait jusqu’à mercredi de M. Fitzgibbon (voir plus bas).

  • Écoutez la chronique économique d’Yves Daoust, directeur de la section Argent du Journal de Montréal, sur QUB radio:

DIRECTIVE

Une directive du commissaire à l’éthique de l’Assemblée nationale, en vigueur depuis 2014, interdit les « liens personnels ou professionnels entre le membre de l’Assemblée nationale concerné et le fiduciaire ou le mandataire chargé de l’administration des biens ». 

La commissaire Mignolet a refusé de commenter. « Le commissaire n’a pas pour rôle d’approuver le choix d’un mandataire ou d’un fiduciaire, bien que des vérifications puissent être réalisées si le commissaire a un doute quant à l’indépendance de celui-ci », a déclaré la porte-parole, Anne-Sophie St-Gelais. 

QUI EST MICHEL RINGUET ?

Groupe Master

1990-2016 : vice-président puis chef de la direction

Lion électrique

Actionnaire et administrateur   

  • Investissement Québec a prêté 50 millions $ à l’entreprise en mars 2021      

LMPG (ex-Lumenpulse)

Président du conseil d’administration   

  • Investissement Québec a investi 90 millions $ dans Lumenpulse cette semaine     

À VOIR AUSSI