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Un œil au beurre noir pour la LNH

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Photo USA TODAY Sports Avec l’incident Scheifele–Evans, la LNH en prend pour son rhume.

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Pendant combien de temps Gary Bettman va-t-il tolérer que le sport qu’il représente prône toujours la violence ? Que le hockey professionnel fasse la manchette autant en Amérique qu’en Europe, mais pour les mauvaises raisons ?

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Pendant combien de temps des commanditaires importants poursuivront-ils leur association avec une ligue ayant un code de discipline invitant à l’indiscipline ? 

L’attaque préméditée de Mark Scheifele contre Jake Evans est un autre chapitre de la triste histoire d’une ligue professionnelle refusant carrément de prendre des mesures extrêmes pour enrayer des événements aussi disgracieux causés par des joueurs incapables de contrôler leur frustration.

Le comité créé pour assurer la sécurité des joueurs répond-il vraiment au mandat qu’on lui a confié ? Il impose des sanctions, mais, trop souvent, on montrera une certaine tolérance.

Deux matchs par-ci. Un match par-là. Oh, parfois, on va crier très fort : trois matchs.

Certains récidivistes, comme Nazem Kadri, se verront écartés des activités de la ligue pour une période de huit matchs. Sauf qu’il en était à sa cinquième suspension. Le même cas s’applique pour Tom Wilson, des Capitals de Washington, qui a écopé d’une suspension de sept matchs pour avoir avait plaqué Brandon Carlo, des Bruins, en l’écrasant contre la rampe. 

Comité peu crédible

Ce comité est difficile à suivre dans l’application des règles du jeu. Je suis tout à fait d’accord avec Marc de Foy quand il écrivait dans l’édition d’hier matin que Stéphane Quintal avait réussi à sensibiliser les joueurs sur la vraie définition du mot respect.

Par conséquent, le comité que chapeaute George Parros a-t-il une crédibilité ? On peut en douter.

Quand on regarde tout ce qui se passe depuis le début des séries éliminatoires, on est en droit de se demander pourquoi Gary Bettman, comme tout chef des opérations d’une entreprise, ne prend pas lui-même des décisions sur le comportement des joueurs.

Bettman se camoufle-t-il derrière un comité créé pour la sécurité des joueurs ? Assurément. Mais c’est lui qui devrait être le préfet de discipline. Qu’il consulte un comité réunissant des ex-joueurs et des ex-dirigeants d’équipes, personne ne s’en plaindrait, au contraire, mais il doit être celui qui tranche le débat sur tous les dossiers.  

C’est le cas du commissaire au football. C’est le cas du commissaire au baseball. C’est le cas au basketball.  

Que fait Bettman ? Ou encore où est le commissaire qui avait rendu des sanctions exceptionnelles contre Todd Bertuzzi, contre Marty McSorley ? Pourquoi a-t-il confié des pouvoirs à des gens qui marchent sur des œufs, de peur de soulever la colère de certains propriétaires ?

N’est-il pas celui qui doit s’assurer que l’image du sport et de son entreprise ne sera pas ternie par des événements comme celui de mercredi soir ?

Respect des règles

Diriger une entreprise comme celle de la Ligue nationale ne se limite pas à l’aspect monétaire. Diriger une entreprise du sport professionnel, c’est de s’assurer que le produit sur la surface de jeu respecte les règles en vigueur et que les arbitres montrent plus de fermeté dans leur application. Sur ce plan, la ligue possède des jeunes joueurs talentueux, spectaculaires, des jeunes joueurs qui aident le sport à progresser. Il y a aussi des vétérans qui contribuent à la qualité du spectacle. Mais, malheureusement, il y a des événements qui font ombrage au produit qu’on offre aux consommateurs.

Tant et aussi longtemps qu’on tolérera l’intolérable et qu’on refusera d’imposer des sanctions d’une grande sévérité, on expose les joueurs à des blessures très graves.

Mercredi soir, la LNH est sortie de la rencontre entre le Canadien et les Jets avec un autre œil au beurre noir.

Plutôt que de commenter la brillante performance d’un groupe qui ne cesse d’étonner, de surprendre et de convaincre ses partisans, toute l’attention a été portée sur l’attaque sauvage de Mark Scheifele à l’endroit de Jake Evans.

C’est justement dans une telle occasion que le commissaire doit s’imposer et réagir avec une sanction qui fera réfléchir les patineurs et aussi des entraîneurs qui se permettent des commentaires comme ceux de Paul Maurice.

Entre-temps, Dominique Ducharme et le Canadien ont poursuivi sur leur lancée. Les joueurs du Canadien ont attaqué dès le début de la rencontre en misant sur leur rapidité, sur l’exécution, et aussi sur leur détermination de s’impliquer dans tous les aspects du jeu.

Ils ont réussi, ils ont gagné ce premier match parce qu’ils ont réalisé une performance sans bavure en respectant le plan de match et qu’ils ont affiché un effort soutenu en payant le prix dans l’espoir de récolter les résultats convoités.

Ils ont démontré une belle discipline. En exemple : vous avez vu le coup de coude que Logan Stanley, 6 pi 7 po, a asséné à Corey Perry, une seconde après que le joueur du Tricolore eut passé la rondelle à Eric Staal pour le deuxième but du match.

Pas de pénalité.

C’est un peu ça la ligue de Gary Bettman. 

Une lutte à trois...   

Si la tendance se maintient, trois gardiens pourraient être de sérieux candidats au trophée du joueur le plus utile à son équipe pendant les séries éliminatoires.

Deux, Carey Price et Andrei Vasilevskiy, ont fait la différence et le troisième, Philipp Grubauer, de l’Avalanche du Colorado, a permis à son équipe de prendre les devants 2-0 face aux Golden Knights de Vegas. Grubauer a maintenant une fiche de 6-0 depuis le début des séries.

Vasilevskiy a été dominant dans les deux matchs disputés en Caroline alors que l’attaque de son équipe se faisait plutôt discrète. Quant à Price, que peut-on ajouter de plus à l’impact qu’il exerce au sein de sa formation ? Un Carey Price dont le masque ressemble étrangement à celui qu’affichait Patrick Roy.

Jones : convoité !

La nouvelle ne plaît pas aux décideurs des Blue Jackets de Columbus, mais elle fait sourire les 31 directeurs généraux de la Ligue nationale. C’est le moment de faire des économies afin de participer au derby Seth Jones, le défenseur des Blue Jackets.

Jones est le patineur que convoitent toutes les équipes : il possède un solide gabarit, il a le talent pour faire la différence, bref, il aura 27 ans quand il testera le marché des joueurs autonomes sans compensation.

Jones a avisé les dirigeants des Blue Jackets qu’il veut se prévaloir de son statut.

Le marché des joueurs autonomes lui proposera des conditions de travail exceptionnelles... surtout sur le plan monétaire.