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Une appli d’ici qui initie les enfants à l’économie

Hand holding mobile smart phone with shopp app. Online shopping concept. 3D Web Vector Illustrations.
Illustrations Adobe Stock et courtoisie

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Peut-on apprendre aux enfants à gérer leur argent et à devenir des consommateurs responsables avec une application pour téléphone intelligent ?

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Je ne crois pas aux miracles, mais un outil pareil peut sans doute faciliter la vie des parents technophiles déjà engagés à inculquer des notions de finance à leurs marmots.

Voici qui m’amène à vous parler de WALO, une appli développée au Québec par une jeune entreprise du même nom, une startup, comme on dit, fondée par un groupe de jeunes entrepreneurs trentenaires qui ne manque pas de diversité : Kim Charkani, Chloé Guillemard et Parth Gadhiya.

S’il n’était pas question d’un produit local salué par le milieu du capital de risque, je m’en serais abstenu, quoique... L’enjeu auquel s’attaque WALO n’a rien de banal, au contraire, c’est un réel sujet de préoccupation : la littératie financière.  

Une appli familiale

Lancée la semaine dernière sur les plateformes iOS et Android, l’application mérite certainement d’être mise à l’essai. Je ne suis pas le mieux placé pour en apprécier le potentiel, la progéniture nécessaire pour la tester me fait défaut, et quand j’ai moi-même été initié à l’argent, on nous faisait compter de la monnaie en carton à l’école. 

Alors qu’avec WALO... eh bien, on est en 2021. L’entreprise positionne son produit comme une « application familiale », ce qui suppose que chaque membre du ménage doit posséder son téléphone intelligent ou une tablette (à la limite, un iPod touch pour les plus jeunes). Ça commence mal, diront certains, mais il faut être de son temps.

L’appli comporte deux versants, celui des parents et celui des enfants. Chacun doit créer un profil connecté à son compte bancaire.

À la base, il s’agit d’une plateforme destinée aux transactions familiales. Les parents peuvent établir les allocations automatisées et envoyer de l’argent de façon ponctuelle, assigner des tâches (rémunérées ou non), constater les objectifs d’épargne (identifiés par projet) que se sont donnés les jeunes. 

Ces derniers, de leur côté, voient arriver l’argent et peuvent répartir les sommes entre leurs projets d’épargne, cocher les tâches accomplies, etc. 

Rien qu’on ne pouvait faire avant l’invention du iPhone, mais ici tout est centralisé et facilité par une interface épurée et intuitive. 

La suite est plus intéressante. 

Une dimension ludique et éducative est apportée grâce à l’intégration de jeux-questionnaires sur des sujets de finances et de consommation. En participant, le jeune accumule des jetons qui peuvent être échangés contre des avatars. Selon Kim Charkani, cofondatrice de WALO, les utilisateurs pourront éventuellement utiliser leurs pièces « WALO » pour se procurer des cartes-cadeaux. 

Les parents peuvent suivre la progression de leurs enfants dans l’apprentissage de notions qui couvrent assez large, de la distinction entre « désirs » et « besoins » jusqu’aux rudiments de l’investissement. Pour peu que l’enfant embarque dans le jeu, cela ouvre la porte aux discussions en famille.

WALO incite aussi les jeunes à épargner en proposant des actions (ex. : dépose tant pour tel projet) en échange de récompenses. L’entreprise n’invente rien ici : l’industrie des applications mobiles repose sur la gratification.  

WALO ne permet pas pour l’instant de faire des transactions en dehors du cercle familial. On ne peut rien payer directement de l’appli. Bientôt, une carte de crédit du type « prépayée » devrait élargir les possibilités. 

Ça ne fait pas tout

Comme avec n’importe quel outil, il nécessite un engagement de part et d’autre. WALO n’est certainement pas la première chose à implanter pour assurer l’éducation financière de ses enfants. 

Tout commence par l’exemple des parents. Si les géniteurs dépensent sans compter et cèdent aux caprices de leurs enfants-rois, ce n’est pas une application qui fera disparaître les mauvais plis. 

Comme avec toutes les applis de développement personnel, la réponse dépendra de la motivation de ses utilisateurs.

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