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Virus: la fuite de Wuhan... et celle de Winnipeg

Virus: la fuite de Wuhan... et celle de Winnipeg
Photo d'archives, AFP

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Aussi incroyable et invraisemblable que cela puisse paraître, le Laboratoire national de microbiologie de Winnipeg, le principal centre de recherche sur les virus au Canada, mène depuis des années avec des scientifiques militaires chinois des expériences et des études sur les virus.

Les services de sécurité du Canada mettent pourtant depuis longtemps en garde contre la coopération en matière de recherche avec Pékin. La Chine s’approprie des découvertes étrangères pour faire avancer ses programmes militaires, y compris dans le domaine viral pour rendre des maladies plus contagieuses ou plus mortelles.

Malgré tout cela, deux scientifiques travaillant pour l'armée chinoise ont pu s’intégrer aux équipes de recherches du labo de Winnipeg. L'un d'eux était même responsable d'une section du programme sur les agents pathogènes spéciaux. Le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) s'est dit particulièrement préoccupé par les informations voulant qu’il ait transmis des informations à l'Institut chinois de virologie de Wuhan (WIV).

Les deux chercheurs chinois ont été licenciés du laboratoire de Winnipeg après avoir expédié des échantillons des virus Ebola et Henipah au laboratoire de Wuhan. L'Agence de la santé publique du Canada dit qu’elle a alerté la GRC à ce sujet, mais elle s’est refusée à tout autre commentaire.

Le Globe and Mail rapporte que les allées et venues des scientifiques chinois renvoyés sont «maintenant entourées de mystère»

Les partis d’opposition aux Communes veulent des explications sur ces extraordinaires défaillances sécuritaires du gouvernement fédéral. Le chef conservateur Erin O'Toole demande à l'Agence de la santé publique du Canada de publier les documents qui détaillent la relation entre le laboratoire de Winnipeg et celui de Wuhan.

Les conservateurs, le NPD et le Bloc québécois exigent que le gouvernement dise pourquoi les deux scientifiques chinois ont été congédiés. Justin Trudeau a éludé les questions sur la participation chinoise aux recherches virales de Winnipeg, les qualifiant de racistes. Il a préféré parler de la montée de l'intolérance à travers le pays et de la nécessité de rester ferme en soutenant la diversité, le leitmotiv de son régime.

Minute papillon! Comment se fait-il que ces scientifiques aient pu expédier des échantillons des maladies les plus mortelles au monde en Chine, un pays actuellement en relation conflictuelle avec le Canada? Combien de contrôles de sécurité ont été enfreints, y compris certains concernant l'expédition internationale de tels agents pathogènes dangereux? Comment des personnes liées à l’armée chinoise ont-elles pu obtenir une habilitation sécuritaire du plus haut niveau pour accéder aux secrets de recherche du laboratoire canadien le plus sécurisé?

Et tout cela alors que le Canada est engagé dans des différends juridiques acrimonieux avec le régime communiste de Pékin. Deux Canadiens sont retenus en otage en Chine en représailles à l'arrestation à Vancouver de Meng Wanzhou, l'héritière de Huawei qui résiste à son extradition vers les États-Unis.

Toute cette ahurissante affaire soulève non seulement des questions cruciales de sécurité nationale, mais également sur la stupidité des personnes qui ont autorisé le plus important laboratoire canadien de maladies infectieuses à apporter son aide aux recherches virales de l'armée chinoise.

Le gouvernement Trudeau tente d’éviter le scandale en affirmant que le dépôt de documents à ce sujet devant le Parlement pourrait nuire à la sécurité nationale et aux enquêtes en cours. Les députés peuvent être informés en respectant certaines procédures sécuritaires. Notamment en passant par l'Office de surveillance des activités en matière de sécurité nationale et de renseignement, l’organe indépendant qui rend compte au Parlement des questions relatives à la sécurité nationale.