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Du lait frais sur la rue Fleurimont

11 nov. 1958

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Photo courtoisie, Archives de la Ville de Montréal

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Boul Rosemont, coin Chambord, aujourd'hui
Photo Pierre-Paul Poulin
Boul Rosemont, coin Chambord, aujourd'hui

LA RUE FLEURIMONT, COIN CHAMBORD

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Photo courtoisie, Archives de la Ville de Montréal

Elle a une tout autre allure aujourd’hui, la rue Fleurimont ! À raison : l’artère change de nom en 1961, alors qu’on raccorde ce tronçon de la rue avec le boulevard Rosemont, déjà tracé à l’est de la rue Papineau. Le secteur se développe à la faveur de l’activité industrielle ferroviaire et minière. Le chemin de fer du Canadien Pacifique est encore présent pour nous rappeler cette époque. La rue des Carrières, toute proche, témoigne d’une activité minière importante dans ce secteur. Le calcaire qu’on extrait de ces cavités sert pour la construction d’édifices, le parement d’installations et le mobilier urbain, comme des bordures pour les trottoirs. On reconnaît d’ailleurs sa couleur grise typique dans beaucoup d’édifices montréalais. Tout juste au coin de la rue Chambord, le parc Père-Marquette est justement aménagé en 1953 sur l’ancienne carrière Martineau. On pourra ainsi tracer un seul boulevard.  

UN LAIT PUR, GARANTI !

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Photo courtoisie, Archives de la Ville de Montréal

Une livraison de lait a lieu dans le coin, comme le laisse deviner le camion de la compagnie montréalaise Guaranteed Pure Milk . Quand le jeune George Hogg, alors âgé de 13 ans, a commencé à exercer son métier de laitier en 1883, il n’imaginait probablement pas l’importance que prendrait sa petite entreprise. L’activité de Hogg prend une nouvelle ampleur alors qu’il rachète en 1901 la laiterie Guaranteed Pure Milk. On se préoccupe beaucoup de la pureté du lait et de sa pasteurisation, à l’époque. En effet, peu de règles encadrent la production laitière et il n’est pas rare que le produit soit mal conservé, coupé avec de l’eau, voire de la craie... La santé de ceux qui le boivent, notamment les enfants, est en danger. Le nom de l’entreprise veut assurer aux consommateurs un produit de qualité, purifié, pasteurisé et produit selon les règles. La Guaranteed Pure Milk s’associe avec d’autres producteurs dans les années 1980. Ces entreprises seront acquises ensuite par Parmalat, à la fin des années 1990.  

THE SLATER SHOE COMPANY : MONTRÉAL ET L’INDUSTRIE DE LA CHAUSSURE

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Photo courtoisie, Archives de la Ville de Montréal

Aujourd’hui disparue, la manufacture de chaussures Slater est pourtant, à cette époque, tout près de fêter son centenaire. Créée en 1869, l’entreprise fondée par George Slater est un exemple de l’importance de l’industrie de la chaussure à Montréal. Déjà bien implantée vers 1830, cette activité est passée de l’artisanat à l’industrie à la fin du XIXe siècle. D’après d’anciennes publicités, l’entreprise de la famille Slater s’est manifestement fait un nom en visant le marché de la chaussure élégante et en promettant au consommateur un ajustement hors du commun ! Dans les années 1950, face à la concurrence étrangère, ce secteur économique est sur le déclin. Ce qui n’empêche pas l’entreprise d’être victime d’un vol qualifié assez médiatisé en 1962. Le pauvre comptable, monsieur Poupart, blessé par balle, a certainement eu la frousse de sa vie ! La compagnie Slater avait commencé ses activités dans le quartier Maisonneuve. Dans les années 1930, elle s’établit coin Fleurimont et y demeure jusqu’à sa fermeture en 1972.