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La musique house de Labeaumeville

Millimetrik
Photo courtoisie Le producteur de Québec Millimetrik, nom de scène de Pascal Asselin.

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Au Québec, Pascal Asselin est dans une classe à part. Sous le nom de Millimetrik, il est l’un des rares créateurs d’ici à faire carrière en produisant de la musique house à laquelle il superpose même parfois des paroles en français.

« Le Québec a été une plaque tournante du disco, mais depuis le milieu des années 1980, il ne s’est pas passé grand-chose au niveau de la musique électronique en français », constate-t-il.

Même si son style de prédilection n’est pas celui qui remplit nos palmarès, Millimetrik tient pourtant le fort depuis vingt ans et dix albums. Mieux encore, sur Sun-Drenched, paru le 28 mai, l’artiste de Québec a réussi son pari de concocter un album « 100 % Labeaumeville ».

On n’y retrouve que des artistes de la capitale. Les voix de Tire le coyote, Liana, Valérie Clio, Dominic Pelletier, Little Miss Roy, Mel Lancet et Marie LS se posent sur les mélodies que Millimetrik a créées avec le soutien de Simon Pedneault et Guillaume Tondreau. « Même le vinyle a été pressé à Québec. Tout est Québec », dit-il fièrement.

Le coyote au naturel

Dans le lot, la collaboration avec Tire le coyote sur Danser avec l’ivresse est à classer dans le rayon des rencontres improbables. Même le coyote, lorsque le projet lui a été soumis, se demandait si sa voix folk haut perchée pouvait se marier aux rythmes house de Millimetrik. « J’ai conclu un marché avec lui : il essaye, mais a un droit de regard final. Il décidait si on sortait le morceau ou non. »

Le défi a été relevé en minimisant les effets studio typiques « à la house ». Il y a même une portion de la chanson où on entend la voix de Tire le Coyote au naturel. « Tant qu’à l’avoir, je ne voulais pas l’auto-tuner tout le long. Je voulais qu’on sache que c’est lui. »

Festif

Sur les douze titres de Sun-Drenched, le producteur, auparavant pourvoyeur d’une musique électronique plus sombre, accentue un virage vers des compositions plus festives qu’il avait amorcé, sur son précédent effort, Make It Last Forever.

« Je me suis même interdit d’avoir un seul morceau en bas de 120 BPM », affirme Millimetrik, qui a aussi voulu faire échec à la morosité pandémique au passage. « J’étais tellement frustré par les montagnes russes de confinement et déconfinement que ma réponse a été d’enregistrer un album encore plus joyeux que ce que j’avais prévu au départ. C’est ma façon de dire amusez-vous, faites ce que vous voulez parce que, en quelque sorte, nous venons de perdre quinze mois de notre vie. »

Millimetrik est convaincu que « sa house » en français est exportable. « Le français est une langue à la mode. Prends le succès du latino urbain. Les gens écoutent de la musique avec des textes qu’ils ne comprennent pas et sont souvent beaucoup plus chargés que dans “la house” où on a trois phrases répétitives. Peu importe la langue, un ver d’oreille demeure un ver d’oreille. » 


Sun-Drenched, de Millimetrik, est disponible depuis le 28 mai.