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Nos routes en déroute: bien des bris sur la route... d’un traversier

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Photo Agence QMI, Marie-Claude Hamel Le député péquiste de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, devant la Ferry Ramp de Matane.

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Rendus furieux par les bris de service répétitifs de la traverse Matane-Baie-Comeau-Godbout, des résidents du Bas-Saint-Laurent et de la Côte-Nord ont élu la Ferry Ramp de Matane deuxième pire « route » du Québec.

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« Ça montre le degré d’exaspération des gens de la région quant à la situation du traversier », affirme Pascal Bérubé, député péquiste de Matane-Matapédia.

L’idée de voter pour la rampe d’accès qui mène au traversier est venue d’un animateur de radio de Rimouski, Jerry Castonguay. 

« J’ai dit à la blague : ce n’est peut-être pas une route, mais s’il y a un chemin difficilement praticable dans la région, c’est le F.-A. Gauthier, c’est comme un running gag ! » lance l’animateur.

Le fameux navire F-A Gauthier.
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Le fameux navire F-A Gauthier.

Les réseaux sociaux ont ensuite propulsé l’initiative jusqu’à la Côte-Nord. À Sept-Îles, Alexandre Leblanc, qui a créé une page Facebook d’entraide appelée « J’ai survécu à l’Apollo 2019 », à la suite des deux collisions survenues avec le navire il y a deux ans, a aussi voté. 

Rappelons que le navire a été acheté d’urgence et sans inspection par la Société des traversiers du Québec (STQ) en janvier 2019, afin de pallier l’absence du F-A. Gauthier, flambant neuf, mais en réparation. L’Apollo n’aura été en service qu’une vingtaine de jours.

Toujours vivant

« On aurait cru que le groupe serait fermé aujourd’hui, mais non, il est toujours actif » déplore-t-il. « Un bris d’équipement, dans n’importe quoi, ça existe. Mais, être incapable de remplacer un bris et qu’il y ait une rupture de service, c’est ça qui ne fonctionne pas », critique-t-il.

Même le maire de Rimouski estime que ce vote est un « choix judicieux » pour faire passer le message. Le maire de Matane, Jérôme Landry, a pour sa part refusé de commenter le sondage. Avec un service de traversier « déficient », la récente annonce du troisième lien à Québec est dure à avaler pour les Nord-Côtiers et les résidents de l’Est-du-Québec. 

« Je me dis qu’il [le gouvernement du Québec] devrait peut-être commencer par réparer ce qui ne fonctionne pas dans notre cour avant d’aller chercher autre chose », mentionne Louise Bertrand, de Sept-Îles.

Elle est l’instigatrice d’une pétition envoyée à l’Assemblée nationale en 2019 pour dénoncer les problèmes de traversiers.

Un seul lien

« C’est notre unique lien vers la Côte-Nord, ce n’est pas le deuxième ou le troisième, c’est le premier et le seul », dit Pascal Bérubé.

De son côté, le porte-parole de la STQ, Alexandre Lavoie, affirme que le service de la traverse Matane-Baie-Comeau-Godbout est « fiable », insistant sur le fait que 98 % des traversées ont été effectuées depuis janvier 2020. Même si le F.A. Gauthier est toujours à quai à l’heure actuelle, M. Lavoie affirme que le navire Saaremaa est en mesure d’assurer le service « sans problème » cet été. 

LA SAGA DU TRAVERSIER 

Juillet 2015
Le F.-A. Gauthier, payé 170 M$, entre en service entre Matane et la Côte-Nord. Rapidement, le système au gaz naturel liquéfié fait problème.

Décembre 2015
Plus de 200 défectuosités sont répertoriées sur le navire. 

Février 2016
Des bris dans les génératrices perturbent de nombreuses traversées. 

Avril 2017
Le prédécesseur du F.-A. Gauthier, le Camille-Marcoux, est envoyé au recyclage pour 2,3 M$. La STQ se retrouve sans navire de relève. 

Décembre 2018
Les propulseurs du F.-A. Gauthier cèdent et le navire est envoyé au chantier Davie.  

Janvier 2019
Achat du navire Apollo pour 2,1 M$.

Février 2019
L’Apollo percute le quai de Godbout.

Mars 2019
Deuxième collision de l’Apollo. Il est mis au rancart.

Juillet 2019
Le navire Saaremaa est acheté pour 42 M$.

Janvier 2020
Le F.-A. Gauthier revient en service après sa cale sèche.

Octobre 2020
Le navire Saaremaa entre en collision avec le quai de Godbout et est remisé. Les traversées sont interrompues. La compagnie du Nouveau-Brunswick, Dalhousie Marine Recyclers, versera la somme symbolique de 1 $ pour acheter le navire Apollo.

Novembre 2020
Le F.-A. Gauthier est hors service en raison de problèmes dans son système de propulsion.

1er avril 2021
Le F.-A. Gauthier revient en service.

9 avril 2021
Une fuite d’huile provoque la mise hors service du F.-A. Gauthier. À ce jour, des tests sont toujours effectués sur le navire à quai, pour tenter de faire la lumière sur le problème. Il peut toutefois effectuer quelques traversées de façon exceptionnelle, quand le Saaremaa ne peut naviguer. 

4 des pires routes sont à Québec  

La région fait piètre figure, alors qu’aucune artère de Montréal ne se trouve dans le palmarès 

Pendant que Montréal s’en sauve pour la première fois en cinq ans, la région de Québec fait piètre figure dans le palmarès des pires routes du Québec, alors que l’on y retrouve quatre des dix pires routes de la province. 


5e POSITION

Le secteur nord de la rue Seigneuriale endommagé

C’est la partie plus au nord de la rue Seigneuriale qui génère son lot d’insatisfaction des usagers.
Photo Stevens LeBlanc
C’est la partie plus au nord de la rue Seigneuriale qui génère son lot d’insatisfaction des usagers.

Même si l’état général de la rue Seigneuriale, dans l’arrondissement Beauport, est jugé « bon » par l’administration municipale, la partie plus au nord a besoin d’un peu d’amour, selon ce qu’a constaté Le Journal au cours des derniers jours. On trouve à cet endroit de longues crevasses et des nids-de-poule, notamment. La Ville de Québec précise que des travaux sont réalisés sur la chaussée et sur les trottoirs depuis 2017. « Quelques secteurs localisés sont problématiques et des interventions de surface y auront lieu cet été », mentionne la porte-parole Wendy Whittom. 


7e POSITION

Ornières et crevasses sur le boulevard de l’Ormière 

Les traces profondes laissées par le passage des roues sur le boulevard de l’Ormière impatientent les automobilistes.
Photo Stevens LeBlanc
Les traces profondes laissées par le passage des roues sur le boulevard de l’Ormière impatientent les automobilistes.

Les importants sillons sous le viaduc du boulevard de l’Ormière ont fait en sorte que cette voie de Neufchâtel se trouve parmi les pires du Québec. Le secteur problématique, bien connu de la Ville de Québec, qui s’étend des échangeurs de l’autoroute Felix-Leclerc jusqu’au boulevard Masson, a fait l’objet de travaux de réfection l’an dernier. Force est de constater que le problème n’a pas été résolu depuis. « Le trafic y étant dense, la Ville envisage d’y faire de nouveaux travaux de surface cette année afin d’améliorer la qualité du roulement », mentionne la porte-parole de Québec Wendy Whittom.


8e POSITION 

Des travaux cet été sur le boulevard Jean-Talon

Bien que l’ensemble du boulevard Jean-Talon Ouest soit dans un bon état général, on y trouve tout de même quelques trous. La portion est du boulevard fera l’objet de travaux de réfection cet été.
Photo Stevens LeBlanc
Bien que l’ensemble du boulevard Jean-Talon Ouest soit dans un bon état général, on y trouve tout de même quelques trous. La portion est du boulevard fera l’objet de travaux de réfection cet été.

Étonnamment, le boulevard Jean-Talon Ouest ne présentait aucun problème majeur lors du passage du Journal dans les derniers jours, mis à part quelques nids-de-poule, pour la plupart colmatés. Selon le CAA-Québec, le nombre de répondants au sondage, moins élevé cette année que les années antérieures, peut expliquer la situation. « Ça demeure un concours populaire. Une route pourrait avoir l’air épouvantable pour quelqu’un et pour une autre personne, qui vit devant un chantier en permanence, ce ne serait pas le cas », mentionne le porte-parole Nicolas Ryan. Par ailleurs, la portion est du boulevard, plus abîmée, fera l’objet de réparations ponctuelles au cours de l’été.


9e POSITION

Première portion refaite sur l’avenue Taniata, à Lévis

Des crevasses comme celles-ci ont mérité leur lot de griefs cette année sur l’avenue Taniata, à Lévis.
Photo Stevens LeBlanc
Des crevasses comme celles-ci ont mérité leur lot de griefs cette année sur l’avenue Taniata, à Lévis.

Même si la première portion de l’avenue Taniata, dans le quartier Saint-Jean-Chrysostome, a été complètement refaite dans les deux dernières années, au coût de 2,4 M$, c’est la deuxième portion de cette route qui lui a valu la 9e place du palmarès. Lors du passage du Journal, plusieurs nids-de-poule non colmatés, crevasses et ornières étaient présents près de l’église située au cœur de la ville. L’administration municipale n’a pas précisé si la deuxième portion de la route serait remise à neuf prochainement. 

Une chaussée dangereuse  

Le partie ouest du 3e-Rang-du-Bic arrive au 3e rang des pires routes du Québec

L’état lamentable du 3e Rang du Bic nécessite une refonte complète de la route, qui pourrait être faite en 2022 ou 2023.
Photo Agence QMI, Marie-Claude Hamel
L’état lamentable du 3e Rang du Bic nécessite une refonte complète de la route, qui pourrait être faite en 2022 ou 2023.

Le dangereux 3e-Rang-du-Bic est dans un état si lamentable qu’il cause d’importants dommages aux véhicules.

« C’est vraiment désastreux [...] Il y a des gros trous et je suis obligé de changer de voie pour passer, c’est dangereux. En plus, il vient de sortir une autre bosse et à cet endroit, je dois arrêter complètement », déplore le chauffeur d’autobus scolaire Normand Chénard.

L’homme emprunte le 3e-Rang-du-Bic quatre fois par jour. 

« Avec des jeunes dans mon autobus, c’est pas trop l’fun », poursuit-il.

Le chauffeur ajoute que les réparations sur son autobus sont beaucoup plus nombreuses et fréquentes que sur ceux qui n’empruntent pas cette fameuse chaussée, qui se hisse au 3e rang des pires routes du Québec.

Des résidents du 3e Rang Ouest ont aussi témoigné avoir eu des problèmes de suspension ou de direction, entre autres liés à l’état lamentable de la route. 

« On brise nos voitures, c’est épouvantable », mentionne Raynald Roy.

Il a déposé une pétition de plus de 500 noms au conseil de ville de Rimouski en septembre, exigeant la réfection complète du rang. Sa demande est demeurée lettre morte.

Les problèmes mécaniques liés au piètre état du rang sont d’ailleurs bien connus de Jocelyn Saindon, un garagiste situé à quelques mètres de la route, depuis 43 ans. 

« Souvent, au printemps, quand on fait le changement de pneus, on s’aperçoit que la suspension a usé, explique le garagiste. C’est vraiment pas runable. Ça traîne, ça traîne, et ils ne réparent pas », poursuit-il.

Aussitôt réparée, aussitôt brisée

Des résidents déplorent également le fait que même si des opérations de colmatage sont effectuées régulièrement, elles ne changent rien.

« Tout ce qu’ils font c’est du patchage. Ils mettent de l’asphalte mais le tracteur passe et ça ressort », déplore Nancy Proulx, résidente du 3e-Rang-du-Bic depuis un an. 

« Ils travaillent, mais ça redéfonce. La minute qu’il y a un peu d’eau qui coule ou un gros camion qui circule, tout redéfonce », poursuit M. Roy.

État « pitoyable »

Bien conscient de l’état « pitoyable » du rang, le maire de Rimouski, Marc Parent, confirme que des réparations « ponctuelles » sont faites régulièrement sur la partie ouest du rang. Il convient toutefois que ces travaux sont insuffisants. 

« Il faut complètement refaire les fondations, en excavant jusqu’à deux mètres de profondeur, ce qui fait que c’est extrêmement onéreux », explique-t-il, précisant que cette remise à neuf est estimée entre 5 M$ et 6 M$. M. Parent ajoute qu’il a hérité du problème, lorsque la municipalité du Bic a été annexée à la ville de Rimouski, en 2009. 

« [...] Ce sont des routes qui ont été négligées pendant des décennies et des décennies, alors que la municipalité du Bic était un village, et là, maintenant, on doit faire face au problème », dit-il.