/investigations
Navigation

Plante doit décider du sort d’un élu visé par une enquête

Le maire de L’Île-Bizard pourra-t-il porter les couleurs de Projet Montréal ?

Normand Marinacci CMQ
Photo tirée de Facebook Normand Marinacci s’est présenté avec Valérie Plante et Projet Montréal aux élections de 2017. Il avait été auparavant élu dans le parti de Mélanie Joly, Vrai changement pour Montréal, en 2013.

Coup d'oeil sur cet article

À cinq mois des élections municipales, la mairesse Valérie Plante doit décider si elle permettra à un élu de se représenter sous les couleurs de son parti même s’il est visé par une enquête en déontologie.

Normand Marinacci, le maire de l’arrondissement de L’Île-Bizard–Sainte-Geneviève, un élu du parti de la mairesse Plante, Projet Montréal, va comparaître dès lundi devant la Commission municipale du Québec (CMQ). Il est accusé de s’être ingéré dans les pouvoirs de ses fonctionnaires.

Notre Bureau d’enquête révélait au début mars que M. Marinacci aurait, dans cette affaire, empêché le congédiement d’un employé de sécurité, visé par deux enquêtes du service des ressources humaines de la Ville de Montréal.  

Il était notamment reproché à l’employé en question d’avoir eu des relations sexuelles avec une employée sous sa responsabilité et de voler du temps.  

À quelques mois des élections, il est encore nébuleux si M. Marinacci peut se porter candidat avec l’équipe de la mairesse Plante.  

« Il y a une évaluation des élus qui est faite dans chaque arrondissement et elle n’a pas encore été complétée à L’Île-Bizard », indique le responsable des communications de Projet Montréal, Julien Acosta. 

Il assure que la citation en déontologie de M. Marinacci sera « tenue en compte » dans cette évaluation, de laquelle découlera le choix des candidats. 

  • Écoutez la chronique de Jean-Louis Fortin, directeur du Bureau d'enquête de Québecor : le maire de L’Île-Bizard

Situation tendue

Selon nos informations, les conseillers locaux de Projet Montréal, Robert Samosewski, Yves Sarault et Christian Larocque, ne comprennent pas pourquoi la cheffe de leur parti, Valérie Plante, n’a pas déjà montré la porte à M. Marinacci, à la suite de nos révélations. 

« On est surpris du peu de réactions de Projet Montréal », soufflait un conseiller sous le couvert de l’anonymat, en mars. Le sentiment demeure toujours aujourd’hui.

Selon une source au sein du parti, une décision tarde à venir, car M. Marinacci et ses conseillers sont à couteaux tirés depuis plus d’un an.

Cette semaine, le conseil d’arrondissement a été reporté, car les conseillers et le maire ne s’entendaient pas sur l’ordre du jour.

Le conseiller Yves Sarault y est aussi allé d’une attaque de front le mois dernier dans une lettre adressée au maire Marinacci, dont notre Bureau d’enquête a obtenu copie.

Pas de nouveau DG

« En ce qui a trait à la gestion de personnel de nos services, votre parcours en est un [...] de très controversé et pas vraiment reluisant », écrit M. Sarault.

Il a envoyé cette lettre après que le maire se soit opposé à lancer un appel de candidatures pour le poste de directeur d’arrondissement, occupé de manière intérimaire depuis près d’un an. « Ça devrait relever du nouveau conseil [après les élections] », a expliqué M. Marinacci, devant le conseil d’arrondissement.  

Or, le sentiment des élus sur place est que le maire ne souhaite pas changer de directeur à ce moment-ci, pour pouvoir le choisir lui-même s’il est réélu.

Pas juste à Montréal  

La mairesse Valérie Plante et Projet Montréal ne sont pas seuls à devoir gérer le cas d’un élu dans la mire de la Commission municipale du Québec.    

  • À la grandeur du Québec, 25 élus municipaux sont actuellement cités en déontologie par la CMQ.    
  • Depuis le début de 2021, 11 élus municipaux ont été suspendus par la CMQ pour des manquements à leur code d’éthique.