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Roland-Garros: Les favoris lancés: Federer s’accroche, mais doute

Roland-Garros: Les favoris lancés: Federer s’accroche, mais doute
AFP

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PARIS | Dans la nuit de samedi à dimanche, dans le froid et le vide sidéral du terrain Philippe-Chatrier sous couvre feu, Roger Federer a livré et gagné une partie de plus de trois heures et demie pour atteindre les 8e de finale de Roland-Garros.

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À l'opposé, ses compères du grand trio, Novak Djokovic et Rafael Nadal, ainsi que la tenante du titre chez les dames, Iga Swiatek, se sont qualifiés pour les 8e de finale en ayant trouvé un sacré rythme de croisière.

En remportant son troisième match cette année à Porte d’Auteuil, Nadal a par ailleurs établi un nouveau record: avec désormais 103 victoires (pour deux défaites), l’Espagnol est le joueur le plus prolifique dans un même tournoi du Grand Chelem, devant les 102 de Federer à l’Open d’Australie (et 101 à Wimbledon). Le record personnel de Djokovic est de 82 victoires, à Melbourne.

Federer joue... jusqu’à quand?

«Je ne sais pas si je vais jouer en 8e de finale à Roland-Garros contre Matteo Berrettini», a déclaré Roger Federer après avoir bataillé plus de trois heures et demie dans la nuit de samedi à dimanche pour se qualifier.

«Je dois décider si je continue à jouer ou non. N’est-il pas trop risqué de continuer à tirer [sur le genou], n'est-ce pas le bon moment pour se reposer?», s’est-il interrogé en conférence de presse, en référence au tournoi de Halle qui débute le 14 juin et va lancer sa saison sur gazon.

Revenu à la compétition en mars, après deux opérations au genou droit en 2020, le Suisse, qui fêtera ses 40 ans en août, a fait de Wimbledon son objectif prioritaire.

«À chaque partie, je dois réévaluer la situation et voir le lendemain matin dans quel état je me réveille et comment va mon genou. C’est peut-être même encore plus vrai après une partie aussi longue que celle d’aujourd’hui», a précisé l’ex-numéro 1 mondial, aujourd’hui 8e.

Roger Federer, qui joue son premier Grand Chelem depuis seize mois, s’est qualifié pour les huitièmes de finale au terme d'une partie de plus de trois heures et demie contre l’Allemand Dominik Koepfer (59e), battu 7-6 (7/5), 6-7 (3/7), 7-6 (7/4), 7-5, dans le huis clos de la nuit parisienne de samedi à dimanche.

«Après la deuxième manche, je ne savais pas ce qu’il me restait dans le réservoir, ça avait été une belle bataille jusque-là. À ce moment-là, il a fallu que je me calme un peu, en particulier émotionnellement, que je ne force pas trop les choses, que je me détende un peu et que je laisse l’expérience prendre le dessus», a-t-il analysé.

«C’est un match très important pour moi. Clairement, je n’ai pas fait d’entraînement de 3h35, on a poussé autant que possible dans la mesure de ce que l’on estimait raisonnable. C’est donc un énorme pas en avant aujourd’hui. Je ne m’attendais pas à être capable de gagner trois matchs ici, surtout que cette victoire [contre Koepfer] confirme en quelque sorte ma bonne performance contre Cilic [au 2e tour], dans des circonstances complètement différentes ce soir. Donc je suis très heureux», a-t-il ajouté.

Heureux, mais pas encore comblé.

«Je préférerais être à la place de Rafa [Nadal] ou de Novak [Djokovic] en ce moment, quand on se dit "Je me sens bien. Si je joue bien, je gagne". Ce n’est pas ce que je ressens pour le moment. Pour moi, ce sont des étapes sur le chemin de mon retour. J’ai besoin de matchs comme ça», a-t-il conclu.

Djoko et Rafa en vitesse de croisière

Djokovic s’est promené pour écarter le Lituanien Ricardas Berankis (93e), 6-1, 6-4, 6-1, en 1h32.

«J’ai été solide, j’ai beaucoup varié dans les échanges», a résumé le numéro 1 mondial, qui vise un 19e titre du Grand Chelem pour se rapprocher à une longueur du record codétenu par Nadal et Federer.

Finaliste l’an dernier, le Serbe atteint les huitièmes de finale à Roland-Garros pour la douzième fois d'affilée, ce qui représente un record dans l’ère Open (depuis 1968). Nadal et Federer ont atteint les huitièmes onze fois d'affilée sur la terre parisienne, entre 2005 et 2015.

Nadal, pour sa part, a commis quelques fautes (29 au total) qui ont permis au Britannique Cameron Norrie (45e) de ne pas être totalement submergé (6-3, 6-3, 6-3).

«Parfois, j’ai joué un bon tennis, parfois je pouvais mieux faire», a commenté le numéro 3 mondial. «Il y a des choses que je dois faire mieux, mais j’ai confiance, je pense pouvoir le faire», a-t-il prévenu.

Il reste donc, plus que jamais, le favori pour un 14e sacre parisien, synonyme de 21e titre record en Grand Chelem.

L’Espagnol affrontera Jannik Sinner (19e à 19 ans), qui l'a battu 7-5, 6-4 en mai, au 2e tour du Masters 1000 de Rome, en route vers un 10e titre. «Ce qui s’est passé à Rome reste à Rome», a cependant affirmé Nadal.

Le Serbe jouera contre Lorenzo Musetti (76e) qui, à 19 ans, participe à son premier tournoi du Grand Chelem.

Le Swiatek express est lancé

Inattendue l’an passé, l’étudiante polonaise avait déboulé, à 19 ans, et remporté son premier titre du Grand Chelem sans concéder la moindre partie.

Attendue cette année, Swiatek, qui a fêté ses 20 ans lundi, a traversé la première semaine sur un rythme comparable à celui de l’an dernier, sans perdre une seule manche. Au total, après sa victoire samedi contre Anett Kontaveit (31e), 7-6, (7-4), 6-0, elle est à 20 manches gagnées d’affilée à Roland-Garros.

«Je suis passée près de ne pas faire durer ce record aujourd’hui», a-t-elle reconnu.

Mais après les forfaits de Naomi Osaka (2e) et de Simona Halep (3e), ainsi que l’abandon d’Ashleigh Barty (No. 1) et la défaite d’Aryna Sabalenka (4e), la démonstration de la seconde manche place Swiatek comme la favorite du tournoi.

Aucune joueuse n’a conservé son titre à Roland-Garros depuis Justine Hénin, qui s’était même imposée trois fois de suite, de 2005 à 2007.