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Viols en pleine rue: deux poids, deux mesures?

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Photo AFP Des policiers patrouillent non loin du square Stalingrad, à Paris en France, un quartier frappé par des problèmes de consommation de drogue.

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Un ami porte à ma connaissance une affaire qui agite la France. 

Elle nous concerne aussi.

Stalingrad est un quartier pauvre de Paris ravagé par la criminalité de rue.

Le trafic de stupéfiants y est si répandu que plusieurs l’ont rebaptisé Stalincrack ou Zombiland.

Silence

Dans la nuit du 20 au 21 mai, une femme est violée en pleine rue. 

L’attaque est filmée par une résidente et diffusée sur les réseaux sociaux.

La vidéo est rapidement retirée. Un homme est arrêté.

Quelques jours après, une autre femme est violée par deux individus dans le même secteur.

Beaucoup s’étonnent du silence de plusieurs organisations féministes de France.

Une organisation se contente d’un tweet discret. 

Une autre dénonce que le premier viol ait été filmé et partagé sur les réseaux sociaux.

On conviendra que c’est un autre débat.

Ces organisations ne ratent pourtant pas une occasion de monter aux barricades pour dénoncer les « boys clubs » et la « culture du viol ». 

Alors pourquoi ce silence face à ces viols précis ?

Quoi, vous ne devinez pas ? Allons, un effort !

C’est que ces agressions sont survenues dans un quartier qui comporte une forte proportion de ce qu’on appelle des « minorités racisées ».

Pour certaines organisations féministes, cela modifie les paramètres de leur indignation.

Pour le dire autrement, dès que l’agresseur n’est pas un homme appartenant au camp des « dominants », le féminisme de gauche devient souvent gêné, bafouille, regarde ailleurs, change de sujet.

Ce n’est pas nouveau. 

Même silence embarrassé de plusieurs organisations féministes françaises quand une adolescente prénommée Mila reçut des menaces de mort pour avoir critiqué l’islam sur Instagram.

Parfois, les contorsions de cette nouvelle gauche féministe deviennent loufoques.

Dans un autre quartier parisien au profil similaire, les femmes sont systématiquement harcelées dans la rue par les désœuvrés et les vendeurs de drogue.

En 2017, Caroline de Haas, militante féministe de gauche, avait proposé une solution « géniale » (j’ironise, il faut le préciser de nos jours) : on devrait... élargir les trottoirs. 

Elle était sérieuse.

Quand la ministre Marlène Schiappa proposa de criminaliser ce type de harcèlement, un regroupement d’universitaires woke dénonça l’idée sous prétexte que les gens qui traînent dans la rue « appartiennent souvent aux fractions paupérisées et racisées ». 

Quand la même ministre dénonça ensuite ce « deux poids, deux mesures », un autre regroupement de militantes y vit une « diversion xénophobe » et un « discours fémonationaliste indigne ».

Aveuglement

Bref, une frange du nouveau féminisme de gauche refuse de voir ce que la journaliste Eugénie Bastié appelle un « patriarcat d’importation ».

La seule violence sexiste dénoncée sans retenue est celle du mâle blanc occidental.

Pourtant, comme le note la militante féministe Martine Storti : 

« Que la victime soit une droguée, une musulmane ou une athée, un viol est un viol. Que l’auteur soit un musulman, un juif, un riche ou un pauvre, un viol est un viol. »

Apparemment, cela ne va pas de soi pour une partie de la nouvelle gauche.