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Déconfinement: c’est enfin le tour des restaurateurs de Montréal

Après des mois de fermeture, ils peuvent finalement ouvrir leur salle à manger

GEN-Photos de restaurateurs qui on hâte de réouvrir leurs resto
Photo Agence QMI, Mario Beauregard Pour Michelangelo Miceli, mixologue et assistant-gérant du India Rosa, dans l’arrondissement Le Plateau-Mont-Royal, c’est avec joie et fébrilité que l’on retrouve un peu de normalité grâce à la réouverture des salles à manger après neuf mois de fermeture.

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Les restaurateurs montréalais trépignaient d’impatience dimanche à l’idée de retrouver enfin leurs clients en salle à manger lundi après des mois de fermeture et avoir vu presque toute la province se déconfiner.

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« C’est un peu irréel en ce moment, ça fait neuf mois qu’on est fermé, c’est juste fou ! Là, on a une grosse montée d’énergie, on est juste super content et joyeux, comme nos clients », explique Bastien Daoust-Beaudin, copropriétaire de la taverne Chez Baptiste, sur l’avenue du Mont-Royal, à Montréal.

Dès lundi, toutes les régions du Québec quittent officiellement le palier d’alerte rouge, grâce au passage à l’orange de Montréal et de Laval ainsi que de plusieurs MRC situées en Estrie, en Chaudière-Appalaches et dans le Bas-Saint-Laurent.

Ces changements de zone permettent donc aux restaurants d’ouvrir dorénavant leur salle à manger, même si la plupart avaient commencé à accueillir des clients sur les terrasses depuis le 28 mai.

Pour Michelangelo Miceli, assistant-gérant du India Rosa, sur Le Plateau-Mont-Royal, c’est un soulagement de retrouver la salle à manger remplie, même si c’est seulement à 50 % de la capacité.

« On est prêt, on s’est organisé adéquatement et chaque jour on continue de s’adapter. On a juste hâte de retrouver un peu de normalité », lance-t-il.  

  • Écoutez l'entrevue de Pierre Nantel avec Jean-Pierre Trépanier, directeur de la santé publique de Laval, sur QUB radio:    

Bars ouverts

La Santé publique du Québec a également donné son feu vert à tous les bars du Québec pour accueillir dès ce vendredi des clients sur leur terrasse.

Grâce à la journée ensoleillée de dimanche, certains tenanciers de bars s’attelaient donc à préparer leur aménagement extérieur. 

Danny Jobin, copropriétaire du Date Karaoké Club et du District Video Lounge, donnait justement un coup de peinture sur sa terrasse.

« On a vraiment hâte d’ouvrir, parce qu’on a toujours été les premiers à fermer et toujours les derniers à ouvrir. Le problème maintenant, c’est qu’on ne sait toujours pas quand on va pouvoir avoir du monde à l’intérieur », soutient-il.

Sports

Les centres d’entraînement, dont les gyms, vont aussi pouvoir recommencer à accueillir des sportifs.

Du côté du Bloc Shop, deux centres d’escalade montréalais, c’est avec fébrilité qu’on attend les premiers clients.

« Vendredi matin [à 6 h], on a ouvert les réservations pour [lundi] et à 8 h on en avait au-dessus de 500 », lâche Cloé Legault, copropriétaire de l’entreprise.

« C’est ma quatrième réouverture, donc je ne suis pas aussi content qu’à la première. Je ne veux pas me faire de faux espoirs, explique-t-il. Les mesures, on les connaît et on est prêt. Mais la pénurie de personnel rend les choses difficiles », commente Serge Poirier, propriétaire du gym Haltères et Go, dans l’arrondissement Rosemont–La Petite-Patrie.

Une autre tuile sur leur tête  

Déjà en crise en raison de la pandémie et plongée dans une pénurie de main-d’œuvre, voilà que l’industrie de la restauration est frappée par un autre problème pour cette réouverture : plusieurs produits ne sont pas disponibles. 

« Ça fait 30 ans que je travaille dans la restauration et c’est la première fois que je vis ça. On a tous des problèmes pour se faire approvisionner en ce moment, particulièrement du côté de la bière ou même du cidre qui est en plus un très bon vendeur », déplore Jean-Marc Lavoie, directeur général du restaurant Jardin Nelson, situé dans le Vieux-Montréal.

<strong>Jean-Marc Lavoie</strong><br><em>Directeur général du restaurant Jardin Nelson</em>
Photo Améli Pineda
Jean-Marc Lavoie
Directeur général du restaurant Jardin Nelson

Pour plusieurs restaurateurs et propriétaires de bars, il faut que les clients s’attendent à ce que plusieurs produits de leur menu soient indisponibles.

« Les fournisseurs ont beaucoup de misère à nous approvisionner depuis la réouverture du 28 mai. Je reçois des commandes qui sont incomplètes parce qu’il y a beaucoup de ruptures de stock. Ça fait un début de saison difficile », explique M. Lavoie.

Produits limités

Avec la réouverture des terrasses et maintenant des salles à manger des restaurants, les fournisseurs ont reçu toutes les commandes de milliers d’établissements partout dans la province. 

Résultat : il faut s’attendre à avoir un peu de délais, croit Bastien Daoust-Beaudin, copropriétaire de la taverne Chez Baptiste, qui trône sur l’avenue du Mont-Royal.

Du côté du bar Le Normandie, dans le quartier Ville-Marie, là aussi, la pénurie se ressent.

« Les brasseurs n’offrent pas tous les produits, ce qui fait en sorte que le choix est actuellement limité pour la clientèle, mais nous réussissons à avoir nos produits les plus vendeurs au moins », rassure Pascal Lefebvre, propriétaire du bar karaoké.

S’adapter

De son côté, au restaurant India Rosa, sur Le Plateau-Mont-Royal, on s’est retourné rapidement pour trouver une solution et éviter les ruptures de stock, indique l’assistant-gérant de l’établissement, Michelangelo Miceli.

« Ce qui est merveilleux à Montréal, c’est qu’il y a tellement de microbrasseries que tout le monde est capable de s’adapter », explique-t-il.

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