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Entretien avec Philippe Richard Bertrand: pas d’alcool, pas de café pour mieux performer

0607 NUTRITION
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Photo courtoisie

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Philippe Richard Bertrand est un entrepreneur passionné qui possède deux entreprises avec sa conjointe, Geneviève Desautels. Famille reconstituée avec quatre enfants âgés de 10 à 15 ans, les entrepreneurs travaillent de longues heures avec des entreprises en forte croissance. Ce contexte laissait peu de temps libre à Philippe qui s’échappait avec une consommation d’alcool importante plusieurs fois par semaine. La pandémie lui a permis de prendre conscience de l’impact de ses excès, et aujourd’hui, un an après, il se sent plus en forme que jamais. Portrait de son virage à 180° degrés ! 

Philippe, quand as-tu réalisé que tu avais un problème de consommation ?

J’ai toujours été un gars qui aimait la fête. Des 5 à 7 qui perdurent, j’en ai fait dans ma vie. Sauf que j’étais incapable de prendre deux verres seulement et cette consommation affectait tant mon travail que ma vie personnelle. J’ai pris conscience de cette problématique à 42 ans, j’en ai 45 aujourd’hui. Je me suis levé un matin et je me suis dit que je devais changer. J’avais fait quelques fois des mois sans alcool avant, je pouvais le mettre en pratique de nouveau. Juste avant la pandémie, j’ai pris la décision de cesser aussi les vins sans alcool, qui ne faisaient que stimuler mon envie de boire de nouveau.

Quel a été l’impact de ton abstinence sur ta santé ?

Je suis devenu un meilleur père, un meilleur conjoint et un meilleur entrepreneur. Avant, j’étais sur le point de me faire prescrire des somnifères. Maintenant, je dors tellement mieux. Je n’ai plus besoin de réveil, je me lève naturellement très tôt le matin. Outre l’alcool, j’ai aussi cessé de boire du café, je pouvais en boire jusqu’à 10 tasses par jour. Je suis plus calme, plus attentif aux détails. Pour la première fois dans ma vie, je ne suis plus dans le brouillard, je me sens vraiment bien.

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En parallèle, tu es devenu un grand sportif. Parle-moi de la place du sport dans ta vie.

J’ai toujours été sportif, mais j’ai voulu devenir un athlète. J’ai couru 50 demi-marathons, deux marathons et trois ultra-marathons. Je m’entraîne actuellement pour un Ironman qui aura lieu en novembre prochain au Mexique. Je fais aussi beaucoup de vélo. J’ai une douzaine d’heures d’entraînement chaque semaine et le fait d’avoir cessé l’alcool, le café, et d’avoir revu mon alimentation a rehaussé considérablement mes performances.

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Photo courtoisie

Qu’as-tu changé côté alimentation ?

J’ai complètement changé mes habitudes alimentaires, bien encadré par une nutritionniste de Vivaï, spécialisée en nutrition sportive. Si j’ai essayé le régime cétogène, il ne me convenait pas du tout, j’étais même devenu agressif sur ce type d’alimentation. J’ai maintenant une alimentation équilibrée, riche en protéines, en grains entiers avec plein de légumes (3 tasses par repas). Je prends des collations plusieurs fois par jour. Si je ne mange pas suffisamment équilibré, j’ai des rages de sucre. Comme je pratique des sports d’endurance, les glucides sont importants pour moi. Ma nutritionniste m’a beaucoup aidé à revoir mon plan alimentaire. Comme j’adore cuisiner depuis toujours, je suis en charge des repas à la maison. Je choisis des huiles de qualité (comme l’huile d’avocat) et je cuisine avec des assaisonnements sans sodium, notamment. J’opte pour des viandes maigres. Le midi, je commande des repas santé, et trois fois par semaine, ils sont végés ! Je ne mange pas d’aliments transformés et j’ai même délaissé les boissons de réhydratation pour sportifs populaires pour boire de l’eau d’érable.

As-tu des craintes face à l’ouverture éventuelle des restos et des bars ?

Ce que je trouve le plus difficile, c’est le jugement des autres. Lorsque les activités sociales reprendront, il y aura des gens qui tenteront de m’inciter à boire. On devrait davantage respecter, sans juger, les gens qui ont pris la décision de cesser de boire.

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Que dirais-tu aux entrepreneurs qui trouvent souvent du réconfort dans l’alcool ?

J’ai reçu énormément de témoignages de PDG d’entreprises qui m’ont confié avoir des dépendances et ne pas savoir comment s’en sortir. La pandémie, avec le stress qui y est associé, a exacerbé les problèmes. La prise de conscience est une première étape et un pas dans la bonne direction. L’alcool est une béquille légale et il faut reconnaître son problème et oser en parler pour régler cette dépendance.

Quel a été l’impact de la pandémie sur tes habitudes d’achat ?

En ne buvant plus, je peux épargner plusieurs milliers de dollars chaque année. De l’argent que je dépense en investissant dans l’achat local. Je veux des fraises, de la laitue, des pommes du Québec. Je suis prêt à dépenser plus pour acheter local. Encourager notre économie c’est important ! 


Philippe est cofondateur de Amplio Stratégies et Illuxi. Il est aussi animateur de l’émission L’entrepreneur branché au FM 103,3 chaque jeudi midi.