/misc
Navigation

Le CH pue la confiance

HOCKEY-NHL-WPG-MTL/
Photo USA TODAY Sports Les défenseurs Shea Weber et Ben Chiarot et le gardien Carey Price sont les principaux artisans des succès du Canadien en séries de fin de saison.

Coup d'oeil sur cet article

Vendredi soir, c’était même pas énervant. 0 à 0 pendant 21 minutes et quart. 1 à 0 pendant les 38 autres et trois quarts. J’étais tranquille. Confiant. Voilà l’effet que procure une équipe mûre et en possession totale de ses moyens. 

Le Canadien est intimidant. Price est meilleur que jamais. Les Jets perdent d’innombrables secondes dans le tiers offensif en possession de la rondelle. Pris à trop réfléchir devant le dieu Carey. 

« J’ai bâti cette équipe pour faire du dommage en séries éliminatoires » m’avait dit Marc Bergevin, confiant, sur le plateau de JiC en janvier. Dans le tumulte du calendrier condensé, plus personne n’accordait de valeur aux propos engagés du DG. Et pourtant. 

L’apport des vétérans Corey Perry, Eric Staal et Joel Edmundson change complètement la donne. Ces trois gars-là savent comment. Ils montrent le chemin. Ils ont pris possession du vestiaire.

Les vétérans sont là

Après la troisième défaite de suite contre les Leafs, Perry, qui sait que sa belle ride achève, a vu l’épiphanie. En apparence anodine, sa présence sur la glace à Brossard pour un entraînement optionnel un jour de vol vers Toronto a été un déclic. 

Le Canadien n’a pas subi la défaite depuis. Mieux. Le CH n’a pas tiré de l’arrière dans un match depuis. 

Cette équipe qui n’en était pas une l’est devenue sous les bons auspices de ceux qui sont débarqués ici sur la pointe des pieds. Ni Perry, ni Staal, ni Edmundson ne sont ce que l’on pourrait appeler life of the party. Ils font profil bas. Ils ne jouent pas à ça. Fallait que le temps fasse son œuvre. Ça a pris trois défaites de suite et la vue du précipice pour marquer un tournant.

Après les grandes émotions de la victoire en sept contre Toronto, je ne donnais pas cher de la peau du CH en lever de rideau à Winnipeg. Les Jets étaient très bien reposés. C’était sans compter sur le trio de vétérans gagnants. 

Après la tentative d’assassinat de Mark Scheifele sur Jake Evans, c’était facile de croire que les frères tricolores allaient se rallier afin de gagner pour leur coéquipier meurtri. Mais c’était aussi facile de croire que ça pouvait déraper et permettre aux Jets de niveler la série. Encore une fois, c’était sans compter sur le trio de vétérans gagnants.

Hommes de confiance

Le crédit du bon qui arrive au CH n’est pas exclusivement dévolu à Perry, à Staal et à Edmundson. L’homme-montagne
Shea Weber a l’air d’avoir 29 ans. Ben Chiarot est délirant, rien de moins. Jeff Petry se fond dans le paysage et évite de se faire remarquer pour les mauvaises raisons, soit ses revirements coûteux. L’attaque est diversifiée. Suzuki et Kotkaniemi sont plus dominants encore que lors des séries dans la bulle. Le Neveu Caufield manque sa touche de marqueur un brin, mais est toujours bien positionné et fait avorter des jeux défensivement. Brendan Gallagher n’est pas au sommet de sa forme et de sa contribution, mais c’est pas grave. Les autres compensent. 

Les unités spéciales sont fumantes, bravo à Alex Burrows. Dominique Ducharme, coache comme... Dominique Ducharme. Lui aussi y a mis le temps, mais c’est fait. C’est un doux printemps : le Québec se fait piquer, on regarde du beau gros hockey d’été, le Canadien gagne, l’équipe pue la confiance.  

Coup de cœur 

HOCKEY-NHL-WPG-MTL/
Photo d'archives, Agence QMI

À vous les amateurs de hockey. 

Vous vivez le moment à fond. Vous profitez de chaque instant à apprécier votre équipe. 

Vous n’avez pas été gâtés depuis quelques années. La pandémie vous a durement frappés. Le bonheur que le Canadien vous procure est pleinement mérité. 

Et on dirait que ça va encore durer. Baignade, grillades et hockey, quel cocktail ! 

Coup de gueule 

Mark Scheifele, qui d’autre que lui ? L’agresseur des Jets a manqué à son devoir de modèle auprès de la jeunesse en point de presse suivant l’annonce de sa suspension. Loin des remords et des regrets, stupéfait des quatre matchs au frais. 

C’était si simple de dire : « Je suis désolé, je ne suis pas ce type de joueur et ne veut pas laisser cette image de moi. » C’était trop demander. 

Un p’tit 2 sur... 

La conclusion de cette série à la faveur du Canadien avant que Scheifele ne puisse revenir au jeu. Le plus beau des châtiments. 

Quatre mois et demi de plus que les quatre matchs de suspension pour réfléchir. 

Une saison terminée sur une action violente et troublante. Scheifele ne mérite pas de retoucher la glace avant octobre et le dieu Carey va s’en assurer.