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Antisémitisme: un racisme acceptable?

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Photo d'archives, Agence QMI Un manifestant a brûlé un drapeau israëlien lors de la manifestation du 22 mai dernier à Montréal.

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L’antisémitisme serait-il devenu la seule forme de racisme acceptable dans notre société ?

Quand on regarde ce qui arrive chez nous depuis le début du conflit qui a récemment enflammé le Proche-Orient, la question se pose.

« MORT À ISRAËL ! »

Depuis qu’un policier a tué un Noir dans un pays étranger, pas un jour ne se passe sans que l’on dénonce la discrimination raciale. 

Racisme dans le sport, la médecine, les arts visuels, même chez les nutritionnistes ! 

Mais quand des militants pro-palestiniens disent sur les médias sociaux qu’il faut débarquer à Côte-St-Luc « parce que c’est là où vivent les Juifs », et quand des militants anti-Israël crient « Mort à Israël » et « Allahu akbar » en pleine rue à Montréal, c’est à peine si ces militants, qui passent pourtant leurs journées à traquer le moindre signe de racisme, haussent les sourcils. 

Comme si les Juifs avaient mérité ce genre de réactions...

Comme si le racisme anti-juif n’était pas vraiment du racisme, mais un acte politique ! 

Un geste de résistance !

LE REFUS DE QS

Critiquer le gouvernement Netanyahu est certes acceptable. 

Les Israéliens eux-mêmes ne se gênent pas pour le faire ! 

Mais mettre tous les Juifs dans le même panier et confondre la politique d’un gouvernement avec la religion de tout un peuple n’est pas seulement débile.

C’est raciste. Comme dire : « Tous les musulmans sont des terroristes. »

Où sont nos militants antiracistes quand des gens crient haut et fort leur haine des Juifs ? 

En pleine rue ?

Armés de couteaux et d’une hache ?

Heureusement, nos élus n’ont pas hésité à appeler un chat un chat, et le 26 mai dernier, l’Assemblée nationale a appuyé à l’unanimité une motion dénonçant fermement « les menaces et agressions envers les Québécois de confession juive ». 

Mais, lorsque le 4 juin, le ministre de la Lutte contre le racisme, Benoit Charette, a déposé une motion demandant à l’Assemblée nationale qu’elle adopte la définition de l’antisémitisme comme étant « une certaine perception des Juifs, qui peut être exprimée sous forme de haine envers les Juifs », Québec Solidaire a refusé, sous prétexte que cette motion « réduirait au silence les voix palestiniennes ».

Cela, même si la motion déposée par monsieur Charette stipulait noir sur blanc que « manifester pacifiquement contre la position d’Israël dans le conflit israélo-palestinien n’est pas en soi de l’antisémitisme » !

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PAS D’INTÉRÊT PUBLIC ?

Dans un tweet publié le 4 juin à 11 h 32 (tweet qu’il a effacé peu après, mais que la Clique du Plateau avait capté et publié), le chroniqueur de La Presse Yves Boisvert a écrit : 

« Les parlementaires de tous les partis se trouvent rusés avec leurs “motions” sans aucun effet juridique pour piéger leurs adversaires quand les autres ne votent pas pour leur motion. Mais est-ce que ça intéresse les gens ? »

Ce qui lui a valu une réponse cinglante de David Ouellette, du Centre pour Israël et les affaires juives : « Si je vous comprends bien, l’adoption d’une position de principe robuste contre l’antisémitisme n’est pas d’intérêt public. En tout cas, il est clair par le mutisme de La Presse que ce n’est d’aucun intérêt pour vos collègues. » 

Comment expliquer l’indifférence de certains militants antiracistes face au racisme anti-juif qui monte en flèche ?