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Couple dans la vie, «ex» sur les planches

Une première pour Simon Lepage et Mary-Lee Picknell

L'amour est un dumpling
Photo courtoisie Simon Lepage et Mary-Lee Picknell lors des répétitions de la pièce L’amour est un dumpling.

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Couple dans la vie, Simon Lepage et Mary-Lee Picknell deviendront des «ex» sur les planches du théâtre Périscope.

Succès à La Licorne et chez Duceppe, à Montréal, la pièce L’amour est un dumpling est à l’affiche du 8 au 19 juin, dans une nouvelle mise en scène et avec une nouvelle distribution.

La comédie romantique raconte l’histoire de Marc et de Claudia, deux ex-amants qui ont fait des tournées avec leur groupe de musique dans des hôtels en Asie et qui se retrouvent, après s’être perdus de vue, dans un restaurant asiatique. Ils constatent à quel point ils ont changé. 

Marie-Hélène Gendreau, qui signe la mise en scène et qui est aussi directrice artistique du Périscope, les a approchés l’automne dernier. 

«On a réfléchi 25 secondes et on a dit oui tout de suite. On avait envie de jouer et de travailler. C’est plus tard que le fait que nous étions pour jouer ensemble nous a saisis», a lancé Simon Lepage, lors d’un entretien. 

La présence d’un vrai couple devenait presque essentielle en raison des règles de distanciation. 

«Il y a des spectacles qui peuvent être montés en distanciation, mais pour celui-là, on aurait perdu un peu du plaisir et de l'électricité qui est présente entre ces deux personnages. Ça aide à la crédibilité de l’histoire», a-t-il indiqué.

Le comédien précise que répéter et vivre ensemble n’a pas été quelque chose de pesant ou de contrariant. Ce qui aurait pu être le cas.

«J’ai vu Mary-Lee autant comme autant au théâtre, mais je n’avais jamais eu la chance de jouer avec elle. Elle est comme un petit robot d’apprentissage de textes. Au point que ça peut en être fâchant. Elle est prête après 20 minutes de mémorisation de faire un certain nombre de pages, alors que moi, j’ai de la misère à me souvenir de la première ligne», a-t-il révélé en riant.

Drôle et lumineux

Mary-Lee Picknell ajoute, et elle a un peu honte de le dire, qu’elle se lasse habituellement des répétitions. Elle a hâte de jouer devant un public.

«Simon aime ça répéter, et c’est quelque chose qui m’a un peu ébranlée. Ça m’a amenée à me demander si j’étais une vraie artiste. Il propose des affaires, il change de bord et essaie des choses. Moi, j’ai tendance à être un peu comme un genre de petit métronome. Avec Simon, je me suis permis plus de liberté que d’habitude, et ça, c’est vraiment rafraîchissant», a-t-elle fait remarquer.

L’amour est un dumpling, précise Mary-Lee Picknell, est une pièce drôle et lumineuse. 

«C’est un show très à propos sur l’envie de faire table rase et de repartir à zéro. La pandémie a amené des retours aux études, des changements de carrière et des couples qui se sont laissés. Je trouvais que cette pièce, qui parle des anciens amours, de la vie d’avant et de peut-être repartir à zéro, était rafraîchissante», a expliqué Mary-Lee Picknell.

Elle raconte avoir eu l’impression de voyager lorsqu’elle a lu le texte de Mathieu Quesnel et Nathalie Doummar.

«J’étouffais un peu dans notre maison et durant une heure, je me suis senti en dehors de ce que je vivais. Ça m’a fait partir. J’ai oublié où j’étais», a indiqué Mary Lee Picknell.

L'excitation

Simon Lepage présente L'amour est un dumpling comme un huis-clos culinaire. 

«C’est faire face à des choses qu’on avait rangé assez profondément dans les tiroirs de nos coeurs et qui nous force à les confronter.  Marc et Claudia ont tripé au bout. Ils étaient jeunes, ils étaient gelés, amoureux et passionnés. On ignore comment leur relation s’est terminée. Marc a une toute nouvelle vie. Il est père de quatre enfants et il est plus responsable. Il est dans le jus. Il reçoit un texto de son ex à qui il n’a pas adressé la parole depuis sept ans. Elle a quelque chose à lui demander», raconte Simon Lepage.

Les deux comédiens ont résisté à la tentation de regarder la webdiffusion de la version présentée chez Duceppe et qui est disponible en ligne. 

«On veut protéger la confiance qu’on a en nous. Je n’ai pas envie de me comparer. J’ai besoin d’avoir toute ma confiance», a ajouté Mary-Lee Picknell.

«Je vais la regarder avec plaisir à la seconde qu’on va avoir fini de jouer», a ajouté Simon Lepage. 

Mary-Lee Picknell n’a pas joué depuis le 7 mars 2020. Elle faisait partie de la production Hypo présentée au Périscope. Pour Simon Lepage, sa dernière présence devant public a eu lieu à l’été 2019 dans la pièce Boeing Boeing présentée au Théâtre Petit-Champlain

«J’ai hâte de jouer à nouveau. Et encore plus que d’habitude. Ce n’est pas une grande trouvaille psychologique, mais c’est lorsqu’on perd quelque chose qu’on se rend compte à quel point on l’aimait. Il y a de l’excitation», a-t-il dit, à quelques heures de la première.