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Marcel Dionne applaudit lui aussi

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Photo AFP Le vétéran Corey Perry vaut son pesant d’or. Il a encore fait bouger les cordes au grand plaisir de Nick Suzuki et Josh Anderson, hier soir.

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Un message a été déposé dans ma boîte de courriels au moment même où la sirène annonçant la fin de la première période se faisait entendre. Ça disait simplement : « Wow ! Go Habs go ! » L’expéditeur n’était nul autre que l’illustre Marcel Dionne, qui a contribué à notre reportage sur le 50e anniversaire du repêchage de 1971.

Guy Lafleur, qui a été repêché premier devant lui cette année-là, devait se dire la même chose de son siège au Centre Bell. Yvan Cournoyer et Réjean Houle, qui l’accompagnaient, se réjouissaient sans doute eux aussi.

Dionne n’a jamais joué pour le Canadien, mais il se sent plus proche des anciens du Tricolore de son époque que de la plupart des joueurs avec lesquels il a joué pendant sa brillante carrière.

C’est ce qu’il m’a raconté lorsque je l’ai interviewé dans le cadre du reportage que vous avez pu lire au cours des derniers jours.

Ça montre ce que le Canadien représentait pour les joueurs québécois d’antan. 

De la haine à l’adoration

Les présentes séries témoignent aussi de la relation amour-haine que les partisans ont avec leur équipe.Il y a trois semaines, la plupart d’entre eux détestaient profondément le Tricolore.

Aujourd’hui, ils adorent leur équipe passionnément.

La troupe de Dominique Ducharme a offert une autre solide performance dans ce troisième match contre les Jets.

Rien de très spectaculaire. Pas de fioritures. Pas de dentelles.

Que du hockey bien joué. 

Du hockey efficace, du hockey contre lequel les Jets ne pouvaient pratiquement rien.

Tout fonctionne !

Le Canadien est en état de grâce.

Tout lui réussit.

Besoin de marquer le premier but ?

L’infatigable Corey Perry y a vu dans la cinquième minute de la première période avec l’aide de ses compères Eric Staal et Joel Armia.

Besoin d’un but à forces égales ?

Phillip Danault, Brendan Gallagher et Artturi Lehkonen ont travaillé d’arrache-pied devant le filet des Jets jusqu’à ce que Lehkonen complète le travail.

Besoin d’un but en désavantage numérique ?

Armia l’a fait non seulement une mais deux fois.

Besoin d’un but en supériorité numérique ?

Nick Suzuki en a fait son affaire après que les Jets eurent inscrit un premier but.

Tout baigne !

La seule note discordante est cette blessure à la main droite subie par Jeff Petry en deuxième période. Une blessure causée par une ouverture faite dans la baie vitrée pour permettre aux photographes d’y placer la lentille de leur appareil.

Encore la faute aux médias !

L’Avalanche ou les Knights ?

Le plus important est que le Canadien n’est plus qu’à une victoire du carré d’as et qu’il pourrait achever les Jets dès ce soir.

Dire que j’ai prédit une longue et dure série qui se terminerait en sept matchs en faveur du Canadien.

Ce n’est pas terminé, mais le Tricolore est en bonne position. Tout demeure possible, mais je ne vois pas comment le Canadien peut perdre ce soir.

Il joue trop bien en ce moment.

Pendant ce temps, on est déjà plusieurs à penser à la ronde demi-finale qui verrait le Canadien affronter l’Avalanche du Colorado ou les Golden Knights de Vegas.

On ne se racontera pas d’histoire si une telle série devenait réalité. Le Canadien aurait tout un mandat sur les bras.

Son plus gros dans les séries cette année.

Mais apprécions le moment présent.

Le Canadien se porte à merveille. Les amateurs sont heureux et il fait beau.

Que demander de mieux ? 

Visions différentes...  

Patrick Roy et Serge Savard ne voient pas les succès du Canadien du même œil. Invité à l’émission Salut Bonjour hier matin, Roy a reconnu d’emblée que la remontée du Tricolore dans les séries a consolidé les postes de Marc Bergevin et de Dominique Ducharme.  

Mais il ne s’est pas caché pour dire aussi qu’il aimerait revenir dans la famille du Canadien.

C’est le secret le plus mal gardé au Québec !

Patrick devra continuer à patienter, cependant. On ne le verra pas derrière le banc du Canadien la saison prochaine, à tout le moins.

Que disait Savard ?

À moins que le Canadien ne fasse un pas en arrière avec le retour des divisions habituelles, à l’automne.

Serge Savard a posé la question lors de son passage à l’émission ShowTom, animée par Tom Lapointe, que l’on peut voir notamment sur Facebook.

Comme le rapportait mon collègue Réjean Tremblay hier, Savard a demandé à ses interlocuteurs s’ils croyaient que le Canadien obtiendrait un laissez-passer dans les séries en retrouvant ses compétiteurs habituels.

Venant de sa part, je dois avouer avoir été surpris.

En 1986 et en 1993, Serge s’était élevé contre les journalistes qui avaient dit que son équipe avait profité de la chute des Oilers d’Edmonton et des Penguins de Pittsburgh pour remporter la coupe Stanley.

« On a battu les équipes qui étaient sur notre chemin », avait-il invoqué à juste titre.

Colère de Demers

Jacques Demers avait piqué une sainte colère lorsqu’un journaliste de Detroit, qu’il connaissait bien, avait qualifié l’équipe de 1993 la plus faible de l’histoire à avoir gagné la coupe, dans le USA Today.

Tout le monde s’entend pour dire que la coupe Stanley est le trophée le plus difficile à gagner dans le monde du sport. Et qu’en cette saison de la COVID-19, toutes les équipes sont dans la même galère.