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Un commandant du SPVM dénonce le racisme systémique au sein de la police

Un commandant du SPVM dénonce le racisme systémique au sein de la police
Joël Lemay / Agence QMI

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Un commandant du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) d’origine haïtienne a de nouveau appelé ses collègues gestionnaires à lutter contre le racisme, prenant en exemple l’affaire Camara, survenue l’hiver dernier.

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«Les déferlantes attaques qu’essuient les forces constabulaires dans le monde sont peut-être le fruit d’années d’abus de pouvoir; examinons si c’est notre cas et effectuons les changements requis. La population nous demande de changer, de faire une introspection en vue de mieux agir; tentons l’expérience. Nous avons tout à gagner», a écrit le commandant aux pratiques policières du SPVM, Patrice Vilcéus, dans une lettre obtenue par TVA Nouvelles.

Le haut gradé a notamment cité le cas de Mamadi III Fara Camara — cet homme arrêté puis accusé injustement de tentative de meurtre sur un policier l’hiver dernier — en guise d’exemple du racisme systémique qui perdure au sein du SPVM.

«Lors de l’assemblée générale annuelle de l’Association professionnelle des officiers de direction (APODDSPVM), on a désigné le dossier de l’affaire Camara comme l’un des événements marquants de la dernière année. Et pour cause! Cet exemple fort explicite permet de constater comment les biais inconscients ont des répercussions négatives à long terme sur la vie des personnes dites racisées», écrit M. Vilcéus dans sa lettre.

Ce dernier déplore aussi qu’au sein même de la police montréalaise, les membres des minorités subissent encore de la marginalisation, des microagressions et du profilage racial.

«Une personne qui ose parler devient souvent radioactive. Elle a alors “une cible dans le dos” et est mise à l’écart. Ainsi, ces employés se sentent laissés à eux-mêmes, sans soutien et sans procédure pour bien s’ancrer dans l’organisation», a dénoncé le commandant, qui juge que «le silence a assez duré».

Ce n’est pas la première fois que Patrice Vilcéus fait une sortie de la sorte. Presque à pareille date l’an dernier, le commandant s’était exprimé dans la foulée de la mort de George Floyd aux États-Unis, appelant le SPVM à devenir un acteur du changement en matière de racisme.

Depuis, la police de Montréal a lancé une campagne de recrutement appelé «Deviens agent de changement», et elle s’est engagée à embaucher un plus grand nombre de policiers issus des minorités.

«Incarnons ce changement dès maintenant en commençant, par exemple, à nous rencontrer et à parler ouvertement des actions, personnelles et organisationnelles, à entreprendre en matière de racisme systémique. L’appui de tous sera le changement», a conclu Patrice Vilcéus.

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