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Éducatrices en garderies et CPE: les critères d’embauche encore assouplis

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Véronique Hivon, députée péquiste

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Pris à la gorge par la pénurie de main-d’œuvre, le gouvernement Legault assouplit à nouveau les critères d’embauche dans les garderies et CPE, qui pourront compter encore plus d’éducatrices qui n’ont pas suivi la formation requise.

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Il n’est plus nécessaire d’avoir en poche un diplôme d'études collégiales (DEC) en technique d’éducation à l’enfance pour être considérée comme une éducatrice remplaçante qualifiée.

Un allègement n’attend pas l’autre pour tenter de pallier le manque de personnel auprès des tout-petits. Depuis l’an dernier, les CPE et garderies peuvent employer massivement des éducatrices non formées. Seulement le tiers des travailleuses d’une installation ont besoin d’être qualifiées. Auparavant, ce ratio était de deux éducatrices sur trois.

Québec ajoute une nouvelle couche d’assouplissements grâce à l’avènement d’une nouvelle catégorie d’employées : les «remplaçantes temporairement qualifiées (RTQ)». 

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Mais seul leur nom semble provisoire. Dans le document d’information envoyé aux acteurs du réseau, le ministère de la Famille précise qu’il est «impossible pour l’instant de fixer une date de fin quant à l’application de ces dispositions». Les RTQ «visent tous les types de remplacements, qu’ils soient à court, à moyen ou à long terme», peut-on également y lire.

Désormais, une étudiante inscrite au DEC en technique d’éducation à l’enfance qui n’a effectué qu’une année de formation sur les trois années requises pourra venir prêter main-forte au réseau en étant comptabilisée comme une employée qualifiée.

Même chose pour une personne ne détenant qu’une simple attestation en techniques d’éducation à l’enfance de 1200 heures ou un certificat universitaire «dont le domaine de formation est lié à l’éducation à la petite enfance». Une technicienne en éducation spécialisée ou en travail social sera également considérée comme une éducatrice formée pour œuvrer auprès des bambins.

La députée péquiste Véronique Hivon dénonce ce nivellement par le bas dans le réseau des services de garde éducatifs à l’enfance, pourtant un «joyau» et une fierté du Québec. «Même l’éducatrice sur trois qui doit être qualifiée n’a plus besoin d’être qualifiée!» s’indigne-t-elle.

La députée de Joliette rappelle que les premières années de vie d’un enfant sont pourtant fondamentales pour son développement à long terme. «Plutôt que de renforcer la qualité, la formation dans l’accompagnement des enfants, le gouvernement baisse les standards, baisse la qualité, baisse la formation qui est exigée», dit-elle.

«C’est comme si on en revenait à juger que quand on s’occupe des enfants en bas âge, tout le monde est capable de faire ça, on revient à l’idée des bonnes gardiennes», déplore-t-elle.

Selon Mme Hivon, le ministre Mathieu Lacombe n’a pas pris la pénurie d’éducatrices au sérieux. «Il n’a rien fait, pire, il a dévalorisé, il a insulté les éducatrices en ne leur offrant même pas de primes COVID, alors qu’elles ont été au front pendant tous les mois de la pandémie».

Au cabinet du ministre de la Famille, on dit vouloir offrir davantage de «flexibilité» aux directions des services de garde qui doivent composer avec la pénurie de personnel.

«Une éducatrice qui est qualifiée va devoir prendre des vacances cet été [...] et il faut la remplacer par une éducatrice qualifiée pour ne pas que ça joue dans le ratio», souligne son attaché de presse, Antoine de la Durantaye.

Il ajoute que les parcours scolaires qui permettront à une personne de remplacer une éducatrice formée sont liés d’une façon ou d’une autre à la petite enfance.

«Il y a quand même une différence entre quelqu’un qui a une formation en psychoéducation et quelqu’un qui a une formation en soudure, insiste-t-il. Quelqu’un qui a une formation en psychoéducation, on peut la compter comme qualifiée.»

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