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Kamala Harris: une mission et des critiques

Kamala Harris: une mission et des critiques
Eyepix/WENN

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Active mais discrète depuis l’assermentation, la vice-présidente Kamala Harris est nettement plus visible depuis deux semaines. Après lui avoir confié le dossier de la protection des droits civiques, Joe Biden lui demande maintenant de trouver une solution à la problématique des immigrants à la frontière sud.

Dans un cas comme dans l’autre, les écueils sont nombreux, et chaque dossier pourrait bien être une véritable boîte de Pandore ou un cadeau de Grec. Il n’y a pas de solutions faciles à court terme et, encore une fois, les critiques pourraient émaner aussi bien du camp républicain que du camp démocrate. 

Il s’agit cependant d’une opportunité pour Harris de démontrer que son potentiel n’est pas surévalué et qu’on peut lui faire éventuellement confiance pour succéder à Joe Biden en 2024, si ce dernier ne se représente pas. Elle bénéficiera d’une couverture médiatique plus importante et, comme le président parle peu aux médias, les journalistes scruteront à la loupe les déclarations de la vice-présidente.

Déjà, hier, au Guatemala, ses propos ont étonné. Particulièrement ferme dans son allocution, elle a insisté pour dire aux Guatémaltèques de ne pas entreprendre le périple dangereux qui les mènerait à la frontière américaine. 

L’administration Biden a été rapidement aux prises avec un afflux de migrants, et elle tente à la fois de diminuer le nombre de personnes qui se pressent aux portes des États-Unis et d'analyser les causes de cette hausse importante. C’est donc le double mandat de la vice-présidente: atténuer l’importance du phénomène à court terme, tout en identifiant clairement les angles d’intervention.

Sous Donald Trump, on avait interrompu les programmes d’aide financière aux pays d’où proviennent les migrants. Ces derniers quittent généralement des pays en proie à la pauvreté, la violence, la corruption et la répression. En espérant des effets à moyen et à long terme, l’administration Biden préfère soutenir économiquement certaines régions tout reprenant le dialogue.

On s’attendait à des critiques de la part des républicains, que les démocrates n’ont pas manqué de semoncer vertement pour une approche jugée trop brutale et inhumaine. Ce qu’on attendait moins, si tôt dans le premier voyage à l’étranger de la vice-présidente, c’est la salve d’Alexandria Ocasio-Cortez.

L’égérie progressiste a servi toute une rebuffade à la vice-présidente. Aux yeux d’Ocasio-Cortez, intimer aux migrants de rester chez eux plutôt que de chercher refuge aux États-Unis constitue une grande déception. 

Non seulement ils ont parfaitement le droit de demander l'asile, mais souvent la situation déplorable dans laquelle ils se trouvent résulte, en tout ou en partie, de la politique étrangère américaine en Amérique centrale ou en Amérique du Sud depuis des dizaines d’années.

Kamala Harris a accepté de soutenir Joe Biden et elle a accepté le poste de vice-présidente parce qu’elle espérait ainsi un tremplin vers la présidence. Intelligente et expérimentée, elle n’est pas naïve et elle réalise bien que sa marge de manœuvre est restreinte. 

Ambitieuse et déterminée, elle a bien besoin de ce baptême du feu sur la scène internationale. Au-delà de son efficacité dans les dossiers qu’on vient de lui confier, il sera intéressant d’observer comment elle réagira aux critiques, aussi bien à celles de ses adversaires qu'à celles que lui réservent les progressistes de plus en plus impatients au sein de sa formation.