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L’annonce de Québec arrive trop tard pour des finissants

Le changement de cap du gouvernement a aussi surpris les écoles

GEN - JOLIE-ANNE BERTRAND FINISSANTE
Photo Martin Alarie Jolie-Anne Bertrand, 17 ans, de l’école de l’Agora, était heureuse d’apprendre qu’elle pourrait avoir un bal sans masque ni distanciation.

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Censée réjouir, l'annonce de la tenue des bals de fin d’étude a été accueillie plutôt timidement mardi par les finissants et les directions d’école qui peinent à voir comment ils pourront organiser un bal pour le mois prochain.

« Ce n’est pas réaliste, lance Hélène Bossé, vice-présidente de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement. Le 8 juillet, le personnel est en vacances, les élèves ne sont plus là. Modifier les plans à la dernière minute, c’est irréaliste. » 

Dès le 8 juillet, les écoles secondaires pourront tenir un bal de finissants d’un maximum de 250 personnes à l’extérieur: une annonce qui a fait sourciller mardi. 

« Ça m’apparaît risqué, parce qu’une seule dose n’apporte pas une couverture complète. Ça veut dire qu’on accepte le risque d’avoir les éclosions à la suite de ces bals », estime Roxane Borgès Da Silva, professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal. 

Et ce sera tout un défi d’organisation pour les écoles qui n’ont pas été consultée dans la décision et qui n’auront qu’un mois pour réviser encore leur plan. 

« Le plus difficile, ça va être de gérer encore la déception de nos élèves et de nos parents », soupire Kathleen Legault, présidente de l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire.     

  • Écoutez la chronique de Caroline St-Hilaire à l’émission de Pierre Nantel sur QUB radio:   

Attendre et voir

Les finissants, eux, étaient plus mitigés. 

« Je suis vraiment contente. On rêve tous d’avoir un bal. [...] Mais on préfère attendre avant de s’exciter. On a déjà été déçu plus d'une fois », réagit Jolie-Anne Bertrand, finissante de l’école secondaire l’Agora à Longueuil.

À l’école Paul-Hubert à Rimouski, cet assouplissement sera un casse-tête pour les 400 finissants qui devront décider s’ils préfèrent organiser deux bals ou conserver la formule actuelle avec toutes les mesures sanitaires qu’elle implique.    

  • Écoutez l'entrevue de Pierre Nantel avec Nancy Delagrave, Coordinatrice scientifique du Collectif Covid-Stop, sur QUB radio:    

Plus dispendieux

« Si on décide de faire un bal, ce sera beaucoup plus dispendieux et géré par une firme puisque les enseignants seront en vacances, explique Xavier Dion, 17 ans. Dans les deux cas, il y aura des heureux et des déçus. »

Néanmoins, l’annonce a été perçue comme une lueur d’espoir pour d’autres finissants dont l’école semblait ouverte à s’adapter. « J’ai la chance d’avoir des enseignants super motivés, donc je crois que ça leur fera plaisir de se présenter malgré les vacances d’été », croit Sara-Jeanne Picard qui siège sur le comité de bal de son école à Saint-Michel-de-Bellechasse. 

Sara Vendette débutera pour sa part son magasinage de robe de bal. « On n’a eu aucune activité de finissant, alors juste de savoir que finalement il y aura quelque chose, c’est motivant », souligne la finissante du collège Esther-Blondin à Saint-Jacques. 

Enfin des clients

L’annonce du gouvernement Legault a d'ailleurs été favorablement accueillie chez les commerçants de la rue Saint-Hubert, réputée pour ses magasins de robes et de complets.

Malgré l’incertitude face à la tenue des bals dans les dernières semaines, certains finissants se sont déjà procuré des vêtements, ne serait-ce que pour des photos souvenirs. L’achalandage actuel est cependant loin d’être comparable aux années précédentes. 

  • Écoutez l’entrevue de Carl Ouellet, président de l’Association québécoise du personnel de directions des écoles

« [Les jeunes] qui n’étaient pas sûrs, qui étaient indécis, c’est sûr qu’ils vont venir », estime Tamara Akkoyan, gérante à la boutique San Rio. « Les gens sont dedans », assure pour sa part Jack Hallak, propriétaire du Jaco Uomo. 

D’autres commerçants sont restés prudents dans leur approvisionnement. « L’année passée, on a acheté, mais on n’a pas beaucoup vendu, mentionne Rudy Balta, propriétaire de la boutique Belissimo. Cette année, on a voulu liquider ce qu’on a, on ne voulait pas prendre de chance. »

- Avec Laurent Lavoie et Daphnée Dion-Viens

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