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[PHOTOS] Des «coupes à blanc» dans un projet d’aire protégée à Anticosti

Impossible de savoir si l’abattage d’arbres sera stoppé

Coupe à blanc
Photo courtoisie, SNAP-Québec Le biologiste Alain Branchaud a photographié des coupes à blanc sur l’île d’Anticosti l’été dernier et il soutient que ces activités ne sont pas compatibles avec un statut d’aire protégée.

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Le gouvernement Legault annonce un projet pilote d’aire protégée nouveau genre sur une portion importante de l’île d’Anticosti, mais l’industrie forestière y pratique toujours des «coupes à blanc». 

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«La principale inquiétude que nous avons, c’est de voir ces projets pilotes devenir un cheval de Troie pour faire accepter des activités industrielles dans les aires protégées. Il y a en ce moment une tentative d’aller dans cette direction, et ce n’est pas acceptable», tonne le directeur général de la Société canadienne pour la nature et les parcs du Québec (SNAP-Québec) en entrevue avec Le Journal.

Lors d’un voyage sur l’île d’Anticosti à l’été 2020, Alain Branchaud est tombé sur des sites de coupes forestières, qu’il a immortalisés. «Les images parlent, et c’est criant, ce sont des coupes industrielles. Des coupes à blanc. J’ai vu la machinerie. Ce n’est pas beau comme situation», dit-il.

Coupe à blanc
Photo courtoisie, SNAP-Québec

Pourtant, le gouvernement Legault a l’ambition de complètement protéger l’île d’Anticosti, pour soutenir sa candidature afin qu’elle soit classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Pour l’instant, un peu moins du tiers de l’île est protégé. 

Hier, le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, a annoncé que plus de 5000 km2 de l’île s’ajouteront à ces territoires et seront protégés en vertu d’un projet pilote. 

Selon son ministère, «plus de la moitié de l’aire désignée pour le projet pilote constituera un noyau de conservation plus stricte». 

«Ailleurs, seules les activités visant la protection et la restauration de la biodiversité ainsi que les activités compatibles avec l’objectif de conservation pourront y être autorisées au bénéfice de la communauté locale», écrit-on.

Nouvelle catégorie

Pour y parvenir, il a créé une nouvelle catégorie d’aire protégée: l’aire protégée d’utilisation durable, un peu moins restrictive et qui permet de la foresterie à petite échelle, a expliqué le ministre Charette.

Coupe à blanc
Photo courtoisie, SNAP-Québec

Le Journal a demandé à son cabinet si les coupes forestières en cours sur l’île d’Anticosti cesseront avec ce statut d’aire protégée. La réponse est moins claire que la question. 

«Le projet pilote servira entre autres à définir cette question et cela se fera en concertation avec la population locale», a répondu Claude Potvin, la directrice des communications du ministre.

Le ministre Charette a expliqué en conférence de presse que «dès à présent, tout ce qui est intervention industrielle purement avec intensité commerciale, c’est interdit», mais n’a pas défini ce qu’était une coupe forestière industrielle.

Opposé

Son collègue au ministère des Forêts, Pierre Dufour, qui s’est ouvertement opposé à la création d’aires protégées au sud du Québec, ne participait pas à l’activité, pour des «raisons sanitaires», a précisé M. Charette.

Coupe à blanc
Photo courtoisie, SNAP-Québec

Reste que, contrairement au ministre Charette, le cabinet Dufour ne veut pas dire si oui ou non ces territoires seront retirés de la possibilité forestière du Québec, le réservoir de bois disponible pour les industriels. 

«Le MFFP salue l’intention. Cependant, l’analyse des impacts et la planification restent encore à déterminer avec les différents acteurs impliqués», a indiqué Michel Vincent, le directeur des communications du ministre Pierre Dufour.

Pour le biologiste Branchaud, il faut que le gouvernement cesse de jouer avec les mots. «On ne peut pas pratiquer ce genre de foresterie industrielle avec des coupes à blanc dans une aire protégée», déplore-t-il.

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