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Du barbèque et des jeux!

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Photo USA TODAY Sports La COVID s’en va et l’on voudrait croire que c’est grâce à la brigade défensive de Shea Weber.

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Robert Bourassa disait que le Québec était plus facile à gouverner quand le Canadien gagnait et son successeur François Legault semble parfaitement d’accord avec lui.

Du reste, il faudrait avoir vraiment l’esprit chagrin pour le lui reprocher. «L’hiver s’en va, c’est dur à croire, mais on a passé à travers», chantait Richard Desjardins. La COVID-19 s’en va et l’on voudrait croire que c’est grâce à la brigade défensive de Shea Weber.

Recherche, préparation, stratégie

Évidemment, quand le Canadien va bien, tous les politiciens voudraient prendre une partie de son succès. Quand ça va plus mal, il ne reste que Denis Coderre pour demander d’échanger des joueurs.

Ainsi, Gabriel Nadeau-Dubois s’adonne avec succès à un courageux jeu de prédiction du résultat des parties, Dominique Anglade pose avec un gaminet tricolore et Paul St-Pierre Plamondon tente de conjurer le mauvais sort. Les médias sociaux permettent ceci aux politiciens, de montrer au peuple qu’ils vibrent au même diapason que lui... surtout quand le bruit n’explose pas depuis les vitrines ouvertes des brasseries quand Toffoli inscrit le but gagnant.

Aussi, on sent qu’il y a de la recherche et de la préparation dans les différentes interventions en ligne des politiciens pour qu’on voie bien qu’ils suivent la même partie que nous. Même dans les tweets de François Legault. Il a beau être un authentique amateur de hockey, il y a de la stratégie dans les défis qu’il lance à ses homologues de l’Ontario et du Manitoba de revêtir la Sainte-Flanelle en cas de défaite de leurs champions.

Et puis, c’est de très bonne guerre que le premier ministre fasse ça, lui qui a affronté encore plus de rondelles que Carey Price. Ça nous rappelle justement que la vie normale a ses droits, en dépit de l’urgence sanitaire.

  • Écoutez la chronique de Claude Villeneuve sur QUB radio:

Panem et circenses?

Non, mais pensez-y. On a quand même mangé beaucoup de ce mot en «m», au cours des 15 derniers mois... Les temps ont été austères, la vie a été aride.

C’est d’un rafraîchissement extraordinaire que de regarder nos glorieux patiner en juin pour la première fois depuis 1993, même si l’on travaille fort pour oublier ce précédent historique créé cette année par l’absence de joueurs du Québec au cours d’une partie. L’amateur de hockey retrouve les raisons qui nous font aimer ce sport dans l’éclosion des jeunes Kotkaniemi, Caufield et Suzuki sous la confiance tranquille des vieux Staal et Perry.

Les cyniques aimeront voir dans ce ralliement des Québécois autour de l’équipe nationale une nouvelle mobilisation du vieux couple formé par le pain et les jeux pour garder le peuple content dans son confinement partiel. On pourra leur répondre que, dans le Québec post-COVID, c’est sur la terrasse enfin retrouvée que l’on se rassemble autour d’un écran pour se créer de nouveaux héros et que ceux qui nous ont gouvernés dans ce long hiver ont mérité de se joindre à la fête.

Du barbecue et des jeux, donc? Certainement. Et je prendrai mon steak aussi saignant que le chandail de Maurice, car ce n’est pas d’hier que le Tricolore raconte notre histoire, surtout quand son talent se déconfine en même temps que nous.

Car c’est une métaphore de notre sort, disaient les Loco Locass.