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Échec des tests de français: pas la catastrophe

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Les reportages sur les finissants des facultés d’éducation qui échouent au test de français et qui peuvent le reprendre ad nauseam soulèvent la grogne.

Les explications et le dénigrement allaient dans tous les sens, chacun ayant un coupable en tête.

Pourtant les tergiversations sur la qualité du français ne datent pas d’hier et produisent souvent des jugements ou des débats qui manquent de nuances sans aboutir à des solutions durables.

Une langue difficile

Le français n’est pas une langue transparente et cela complique sa maîtrise, plus particulièrement en écriture, alors qu’un son peut s’orthographier de différentes façons. Les méthodes d’enseignement promues au cours des décennies précédentes n’ont pas toujours été des choix heureux.

Encore aujourd’hui, c’est le cas avec le renouveau pédagogique fondé sur le socioconstructivisme, c’est-à-dire bannir l’enseignement explicite pour plutôt guider l’élève dans le développement de ses compétences.

Les comparaisons avec l’école d’antan se révèlent aussi boiteuses en se rappelant qu’elle était réservée à une élite. Avec la démocratisation de l’éducation, le besoin d’enseignement s’est accru de manière exponentielle, augmentant du coup la complexité du recrutement.

Pour ajouter aux difficultés, l’éducation est la priorité d’un faible pourcentage de Québécois et les politiciens en sont conscients en agissant superficiellement.

Et après ?

La profession enseignante est moins attirante et les facultés d’éducation sont devenues le refuge des étudiants aux cotes « R » les plus basses, selon plusieurs. Pourtant les performances des élèves québécois se comparent avantageusement à celles des élèves des pays occidentaux.

L’état des lieux n’est pas aussi catastrophique que certains veulent le clamer en considérant que les enseignants font des miracles dans un environnement souvent hostile.

Des ajustements au Programme de l’école québécoise et le prolongement de la formation initiale avec une meilleure formation continue pour les enseignants permettraient à long terme d’en finir avec les « holà » sur les tests de français échoués.