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Keystone XL officiellement abandonné par TC Energy

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Photo d'archives, Getty Images

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Le projet de l’oléoduc Keystone XL, bloqué par l’administration du président Joe Biden en janvier dernier lors de son arrivée à la Maison-Blanche, a officiellement été abandonné mercredi.

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Le promoteur TC Energy a confirmé qu’il préférait mettre la hache dans ce projet après avoir évalué ses options et consulté ses partenaires, incluant la province de l’Alberta qui avait investi 1,5 milliard $ en 2020, en plus de consentir 6 milliards $ en prêts, pour que la construction puisse reprendre.

«La compagnie va continuer à se coordonner avec les régulateurs, actionnaires et groupes autochtones pour respecter ses engagements environnementaux et réglementaires pour s’assurer d’une fin sécuritaire du projet», a précisé TC Energy par communiqué.

«En regardant vers l’avant, il y a une immense opportunité pour TC Energy dans la transition énergétique grâce à sa capacité financière et ses capacités organisationnelles», a renchéri le président et chef de la direction de TC Energy, François Poirier.

«Décevant»

Bien qu’elle ne constitue pas une surprise, le manque d’enthousiasme des États-Unis à l’égard du projet et sa deuxième interruption condamnait pratiquement celui-ci.

Le cabinet du premier ministre Justin Trudeau a qualifié à décision de l’administration Biden de «décevante».

«Le Canada a soutenu ce projet. Nous continuerons à soutenir et à investir dans les travailleurs et travailleuses de l’Alberta et du Canada», a commenté le porte-parole du premier ministre, Ian B. Cameron.

L’opposition conservatrice ne s’est pas montrée convaincue par la position des libéraux. «L’annulation du prolongement du pipeline Keystone XL est dévastatrice. À un moment où les Canadiens ont désespérément besoin de retourner au travail, la perte de cet important projet ne fait qu’aggraver la situation», s’est emporté le chef du Parti conservateur, Erin O’Toole, en fustigeant un premier ministre qui «n’a jamais été capable [...] de défendre l’énergie et les travailleurs canadiens».

Le premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney, a affirmé, de son côté, demeurer «déçu et frustré» de ce dénouement. La province des Prairies évalue avoir investi 1,3 milliard dans le projet pour le moment, une somme qu’elle cherchera à récupérer en partie.

À l’inverse, le Bloc québécois s’est réjoui de la tournure des événements. «Nous saluons cette décision. Il était hallucinant de voir les libéraux et les conservateurs appuyer un tel projet. Il faut tourner le dos aux hydrocarbures et amorcer une transformation en profondeur de l’économie pétrolière canadienne», a salué le porte-parole en matière de Ressources naturelles du parti indépendantiste, Mario Simard.

Longuement décrié

Projet majeur dans l’industrie pétrolière, l’oléoduc devait permettre d’acheminer environ 830 000 barils de pétrole par jour de l’Alberta vers le Texas. La province, et tout particulièrement le gouvernement de Jason Kenney, comptait sur cet oléoduc pour désenclaver le pétrole produit en Alberta et obtenir un meilleur prix pour son or noir.

Or, le projet Keystone XL a fait face à la controverse depuis ses débuts, au point où l’administration de l’ancien président Barack Obama l’avait bloqué. TC Energy avait retrouvé le feu vert pour mener le projet à terme sous l’administration du président Donald Trump, avant de le perdre à nouveau en janvier.

D’autres déboires et conflits, notamment environnementaux, avec des communautés autochtones et avec le Montana, avaient aussi entravé la mise en chantier de l’oléoduc.