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Le monde dans lequel on vit m'inquiète

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Photo AFP

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Si l’horrible drame qui s’est déroulé à London n’est pas un acte terroriste, je me demande bien ce que c’est...

En effet, selon le Larousse, le terrorisme est un « acte de violence commis par une organisation ou un individu pour satisfaire une haine à l’égard d’une communauté, d’un pays, d’un système ».

Foncer à toute vitesse sur une famille pour la seule et unique raison que les membres de cette famille sont musulmans correspond parfaitement à cette définition.

C’est comme entrer dans une mosquée ou une synagogue et tirer dans le tas. Afin de semer la terreur dans une communauté. 

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LE PARADIS, C’EST L’ENFER

Quand je regarde le monde dans lequel mes enfants vont grandir, j’angoisse. 

On a l’impression que le centre s’effondre et que les extrêmes se radicalisent. 

Ça ne suffit plus de débattre. Il faut maintenant combattre. 

Troquer la plume pour le sabre et la toge pour le gilet pare-balles. 

Quand ce ne sont pas des coucous armés jusqu’aux dents qui prennent d’assaut le Capitole chez nos voisins du Sud, ce sont des voyous en rupture de ban qui attaquent des policiers en France, des complotistes qui déclarent la guerre à des ennemis imaginaires, des fous de Dieu qui font couler le sang des impies ou des racistes qui menacent, frappent et tuent des Noirs, des juifs, des Asiatiques ou des musulmans. 

« La démocratie est un mauvais système, mais c’est le moins mauvais de tous les systèmes existants », disait Churchill.

Eh bien ! Il semble que pour un nombre de plus en plus grand d’individus, s’accommoder du « moins mauvais des systèmes » n’est plus suffisant. 

Il faut créer un système parfait, idéal. Pur.

Qui épouse parfaitement le contour de nos idées. 

Or, s’il y a une chose que l’Histoire du XXe siècle nous a démontrée, de Berlin à Moscou en passant par Pékin, Phnom Penh et Santiago, c’est que le plus court chemin vers l’enfer est le paradis.  

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LA HAINE DE LA DIVERSITÉ

On se croirait dans les années 1930. 

À l’époque aussi, les gens en avaient marre des piétinements de la démocratie. 

On voulait des régimes durs, carrés, solides, qui marchent au pas. 

Qui règlent tous les problèmes d’un coup de baguette, pour ne pas dire d’un coup de mitraillette. 

Quel est le point commun de tous les extrémistes que j’ai cités plus haut ? 

Ils ne supportent pas que l’on conteste leurs idées.

Ils rêvent de faire taire tous leurs contradicteurs. Par la censure ou alors par les coups. 

Ils perçoivent la diversité (de races, de religions et d’opinions) comme une menace.  

Et, dans le cas des voyous qui, en France, s’en prennent aux policiers, aux pompiers et aux ambulanciers, bref, à tous les corps de métiers qui incarnent l’État, ils conchient l’autorité. 

Et rêvent de remplacer LA loi par LEUR loi. 

VIVE LE DÉSACCORD

C’est bien beau, enseigner aux jeunes à questionner l’autorité et à contester le « système ». 

Mais il faudrait aussi leur enseigner les vertus de la démocratie.

Leur apprendre que sous ses dehors mous, inertes et apathiques, la démocratie (un système qui encourage la discussion, les débats et les échanges — bref, le désaccord) est le meilleur garde-fou que nous ayons trouvé contre le despotisme.