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Le «virus de la patate chaude»

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Je ne pensais pas toucher une corde sensible à ce point-là...

Dans ma chronique de lundi sur le Gala Québec cinéma, je déplorais que dans les films québécois en lice pour un prix Iris, il y ait autant d’acteurs qui marmonnent.

Si j’en crois vos courriels, non seulement je ne suis pas la seule à déplorer ça, mais en plus, le problème semble aussi pandémique à la télé.

Appelons ça le « virus de la patate chaude » ou la contagion de « la bouche molle ». Y a-t-il un vaccin contre ça, docteur ?

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ARTICULE !

Nicole m’a écrit : « Votre chronique de ce matin m’a rassurée. Je pensais avoir des problèmes d’audition. J’aime beaucoup certains téléromans et surtout ceux mettant en vedette de jeunes comédiens, mais je ne suis pas capable de comprendre ce qu’ils disent. Ils n’articulent pas, ils marmonnent, surtout quand ce sont des scènes émouvantes. »

Martyne, de son côté, affirme : « Je n’écoute plus tellement les téléromans québécois, car la plupart du temps, je ne comprends pas. On parle trop vite et on n’articule pas. Et c’est triste, car ici on a plein de bons comédiens et de bonnes comédiennes bourrés de talent. »

Un couple d’amis qui s’était donné pour mission de voir le plus de films québécois en nomination au gala a abandonné certains films en plein milieu à cause de leur difficulté à comprendre les dialogues.

Je vous donne un exemple concret. Dans La déesse des mouches à feu, on voit le personnage interprété par la jeune Kelly Depeault consommer de la mescaline. Quelques scènes plus tard, une fille de sa classe la nargue en plein cours.

Je ne comprenais pas du tout ce qu’elle lui chuchotait. Heureusement que j’ai vu le film en ligne, j’ai pu appuyer sur « pause » et réécouter la scène trois fois. Eurêka ! J’ai compris qu’elle lui révélait que ce n’était pas de la mescaline, mais de la poudre pour bébé mélangée à de la poudre de bonbons qu’elle avait aspiré dans ses narines !

Il me semble que ça doit être particulièrement frustrant pour les scénaristes qui écrivent des bonnes répliques si elles sont ensuite baragouinées par les acteurs.

Il me semble que ça doit être frustrant pour les réalisateurs quand le public ne comprend pas les différents « punchs » de leur film.

Et il me semble que ça doit être frustrant pour un acteur qui veut toucher le public si on ne comprend même pas l’émotion qu’il veut nous transmettre.

Une chose me frappe. Ce phénomène de marmonnage, de bredouillage, de mâchouillage se retrouve surtout chez les plus jeunes acteurs.

Est-ce parce que leur génération associe le fait de bien articuler à un certain snobisme ?

On a beaucoup ri des cours de diction des générations précédentes. Mais au moins, ça a fait toute une dynastie de professionnels que l’on comprenait quand ils parlaient.

ÇA SENT LA COUPE !

Un acteur qui n’articule pas, c’est comme un violoniste qui joue faux.

C’est un professionnel qui ne maîtrise pas son art.

Et une actrice qui mâche ses mots, c’est comme un joueur de hockey qui score dans son propre but. 

Pourquoi on ne serait pas aussi exigeant avec les jeunes acteurs qu’on l’est avec les jeunes joueurs du Canadien ?