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L’urgence sanitaire et l’été à venir : il faut se poser les bonnes questions

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Le gouvernement du Québec s’est octroyé des pouvoirs exceptionnels à l’aide de décrets pour mettre en échec la pandémie de COVID-19. Au début, cela était justifié. Les équipements et les médicaments manquaient. Nos installations et nos services publics, dont les CHSLD, étaient pris de cours. La maladie se répandait rapidement et aucun vaccin n’était disponible.  

Par la suite, à mesure que les problèmes initiaux étaient résolus et que la connaissance sur le virus grandissait, les mesures exceptionnelles furent maintenues, avec raison. Avec le retour de l’automne, les cas explosèrent. Les hôpitaux se remplirent rapidement. Le délestage minait le réseau de la santé. 

Puis, alors que nous sortions tranquillement de la deuxième vague qui n’en finissait plus, voilà que les variants, ramenés par les voyageurs, nous tombèrent dessus. Les cas remontèrent en flèche, les hôpitaux firent le plein de patients. Bref, encore de quoi maintenir l’urgence sanitaire. 

Or, en ce début de juin où la vaccination va bon train, où le déconfinement est très bien amorcé et que les écoles sont toujours ouvertes, les cas chutent, tout comme les hospitalisations. L’extérieur et surtout les vaccins font brillamment leur œuvre. Tellement qu’il faut désormais se poser quelques questions essentielles. 

Est-il toujours justifiable de maintenir les pouvoirs exceptionnels du gouvernement?

Il faut commencer à se poser la question sur une base régulière. Les cas sont en forte baisse. Les hôpitaux se vident. Les premières doses de vaccin offrent déjà une protection. Qu’est-ce qui justifie le maintien des restrictions sur les droits et libertés alors que tous les indicateurs sont au vert et qu’ils vont dans la bonne direction? 

Est-ce que ce sera justifiable jusqu’à la fin du mois d’août? 

Admettant que l’urgence soit encore justifiable aujourd’hui, le sera-t-elle encore à la fin juin. 75 % de la population adulte aura reçu sa première dose depuis au moins 3 semaines. Les écoles, vecteurs de transmission, vont être fermées. Les hospitalisations avoisineront une centaine de lits. Les cas et les taux de positivité seront au plancher. Les rendez-vous pour les deuxièmes doses seront déjà devancés. Comment sera-t-il encore possible de justifier de priver des citoyens et le parlement de leurs droits? Quel effet cela aura-t-il sur l’adhésion aux mesures de maintenir des restrictions ces conditions? 

Est-il raisonnable d’attendre à l’automne pour laisser tomber les mesures d’urgence?

La dernière question, mais non la moindre, est de se demander si nous voulons vraiment comme société faire l’expérience du déconfinement total à l’automne? 

L’été, c’est le moment idéal pour voir l’impact d’un déconfinement dans une population vaccinée. Que se passera-t-il dans des restos sans le 2 mètres entre les tables ou avec tous les copains? Quelles seront les conséquences d’un spectacle dans un Centre Vidéotron plein à craquer? Qu’arrivera-t-il à la fin du port obligatoire du masque? 

Il serait irresponsable d’ouvrir face à l’inconnu cet automne, alors qu’on rentrera à l’intérieur et que les écoles vont accueillir les élèves à nouveau. Le principe de précaution veut qu’on expérimente dès cet été. 

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Photo courtoisie

Philippe Roy, Ingénieur

Lévis

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