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100 millions de moins pour réparer les rues locales trouées de Montréal

La Métropole veut que ses arrondissements s’occupent davantage des petites rues de leur quartier

faillon
Photo Dominique Cambron-Goulet Plusieurs rues de Montréal sont en piètre état, comme ici la rue Faillon, dans le quartier Villeray. La Ville veut responsabiliser ses arrondissements en coupant les budgets.

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L’administration Plante a décidé de couper 100 M$ dans son budget prévu pour la réparation des rues locales de Montréal, jugeant que ses arrondissements doivent prendre leurs responsabilités.

Les investissements pour le pavage et la reconstruction de l’ensemble des rues par la ville-centre ont dégringolé de 258 M$ en 2018 à 104 M$ en 2020, selon les chiffres obtenus auprès de l’administration. 

Ce sont surtout les rues locales, souvent résidentielles et qui sont sous la responsabilité des arrondissements, qui pourraient écoper de ces restrictions budgétaires au cours des prochaines années. 

Outre qu’elle admet avoir moins de budget pour prendre soin des petites rues, l’administration Plante souhaite forcer les arrondissements à s’occuper davantage de leurs rues résidentielles. 

À Montréal, on compte 2115,3 km de réseau local pour 1904,7 km de réseau artériel sous la responsabilité de la ville-centre. 

Culture à développer

« Les arrondissements doivent prendre leurs responsabilités dans la gestion de l’entretien de leur réseau [...] Il y a une culture à développer en arrondissement en maintien des actifs », affirme Sylvain Ouellet, vice-président du comité exécutif et responsable des infrastructures de la Ville de Montréal.

M. Ouellet estime à environ 100 M$ la coupe que la ville-centre impose ainsi à ses arrondissements. 

Il entrevoit d’ailleurs que la situation ne changera pas à court terme, alors que l’attention de la métropole est monopolisée par plusieurs gros chantiers, comme les travaux liés au Réseau express métropolitain (REM) ou au Service rapide par bus (SRB) du boulevard Pie-IX. 

« Cette année, on fait moins de travaux d’entretien juste de base parce qu’on a tellement de grands travaux en chantier présentement à Montréal qu’à un moment donné, ça ferait trop. Autant en termes de cônes orange qu’en termes budgétaires », explique M. Ouellet. 

Ce dernier jure toutefois que cela ne devrait pas avoir trop d’impact sur les Montréalais puisque ces derniers emprunteraient davantage le réseau artériel que les petites rues locales. 

Les gros projets restent

Aussi, ces coupes n’affectent en rien les grands projets de reconstruction de la Ville, qui compte investir 9,4 milliards de dollars dans ses infrastructures au cours des 10 prochaines années. 

L’opposition entend les choses autrement. 

« L’entretien est un enjeu pour tous : piétons, cyclistes, automobilistes ou utilisateurs du transport en commun. De plus, c’est un levier économique d’avoir des routes en bon état. Que fait l’équipe de Projet Montréal ? Elle refile la facture aux arrondissements ! C’est un bilan désastreux », déplore Lionel Perez, chef de l’opposition officielle.

INVESTISSEMENTS POUR LA RÉFECTION ET L’ENTRETIEN DES PETITES RUES 

2013 : 95 M$

2014 : 109 M$

2015 : 147 M$

2016 : 188 M$

2017 : 227 M$

2018 : 258 M$

2019 : 255 M$

2020 : 104 M$ 


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