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Abus sexuels : le pape refuse la démission de l’archevêque de Munich

Abus sexuels : le pape refuse la démission de l’archevêque de Munich
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Le pape François a rejeté jeudi la démission de l’archevêque de Munich, Reinhard Marx, l’un des cardinaux les plus influents d’Allemagne, qui avait demandé à être relevé de sa charge en déplorant l’« échec » de l’Église catholique face aux abus sexuels. 

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« Continue comme tu le proposes, mais comme archevêque de Munich », a écrit le pape au cardinal, tenant d’une ligne libérale dans l’Église.

L’archevêque de Munich, un proche conseiller du pape, avait écrit en mai une lettre à François pour être déchargé de ses fonctions en raison de « l’échec » de l’Église catholique allemande face à « la catastrophe des abus sexuels ».

« Pour moi, il s’agit essentiellement de partager la responsabilité de la catastrophe des abus sexuels commis par des responsables de l’Église au cours des dernières décennies », avait-il écrit au pape, en dénonçant un « échec institutionnel ou systémique » dans le vaste scandale qui éclabousse aussi l’Église catholique allemande. Le prélat de 67 ans, loin de l’âge classique de la retraite à 75 ans, jugeait aussi que l’Église catholique est arrivée à « un point mort ».

« Cher frère, merci pour ton courage. C’est un courage chrétien (...) qui n’a pas peur d’être humilié face à la terrible réalité du pêché », lui a répondu le pape dans sa lettre publiée en allemand et en espagnol. « Assumer la crise, personnellement et communautairement, est la seule voie fructueuse », y estime François, pour qui « la politique de l’autruche ne mène nulle part ».

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« La triste histoire des abus sexuels » est une « catastrophe » pour l’Eglise, a poursuivi François qui a exhorté tous les évêques à se demander : « Que dois-je faire face à cette catastrophe ? ». Il a appelé à une « réforme » qui « ne repose pas sur des mots mais des attitudes », afin d’« assumer la réalité, quelle qu’en soit la conséquence ».

« Les silences, les omissions, accorder trop d’importance au prestige des institutions ne conduisent qu’à l’échec personnel et historique et nous mènent à vivre avec +des squelettes dans le placard+ », a encore asséné le souverain pontife.

Archevêque de Munich et de Freising depuis 14 ans, Reinhard Marx avait récemment refusé la plus haute distinction allemande, la Croix fédérale du Mérite, que voulait lui remettre le président allemand Frank-Walter Steinmeier.

Scandale dans le diocèse de Cologne

Il fait partie d’un conseil restreint de cardinaux conseillant le pape sur les réformes de la Curie romaine. Il coordonne aussi au Vatican le Conseil pour l’économie chargé de veiller à la bonne gestion financière du Saint-Siège.

En 2019, lors d’un sommet inédit au Vatican de présidents de conférences épiscopales consacré aux scandales d’abus sexuels sur mineurs, Reinhard Marx fut une personnalité en pointe pour réclamer davantage de transparence sur la question.

L’année précédente, il avait présenté les excuses de l’Église allemande après un rapport révélant des abus sexuels sur plus de 3 600 mineurs pendant des décennies.

Cette demande de démission de Reinhard Marx intervenait alors que le pape François a ordonné fin mai une enquête sur le traitement de cas d’agressions sexuelles de mineurs au diocèse de Cologne, le plus grand d’Allemagne, secoué par une grave crise depuis des mois.

Le pape a ainsi nommé deux « visiteurs apostoliques », des envoyés pontificaux extraordinaires, chargés d’« appréhender la situation pastorale complexe à l’archevêché et parallèlement d’étudier d’éventuelles fautes » du cardinal Rainer-Maria Woelki et d’autres prélats du diocèse.

Le cardinal Woelki, un conservateur dans les rangs de l’Église, est accusé notamment d’avoir longtemps couvert deux prêtres de la communauté religieuse de Dusseldorf soupçonnés de violences sexuelles.

Un rapport accablant, rendu public en mars, avait révélé que des centaines de mineurs avaient subi des violences sexuelles dans le diocèse de Cologne entre 1975 et 2018, et que plusieurs responsables religieux s’étaient tus.

Les révélations sur ce scandale s’étaient notamment traduites par une fuite en masse des fidèles.