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Des jeunes déçus du manque de volonté de leur école

Plusieurs envisagent de boycotter les activités organisées en bulle-classe pour remplacer les bals

Quebec
Photo Stevens LeBlanc De gauche à droite : Elliot Marchand, Flavie Légaré, José Gonzalo et Émilien René ont l’intention de boycotter les activités de fin d’année organisées dans leur école.

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Déçus de voir leurs directions d’école refuser d’organiser un «vrai» bal après la date permise du 8 juillet, des jeunes d’un peu partout prévoient déjà boycotter les activités réduites organisées en bulle-classe. Ils déplorent le manque de considération qu’on a pour eux, surtout après les journées de grève du personnel des dernières semaines.

«Il y a déjà pas mal de monde qui s’organise des "contre-bals" chez eux plutôt que d’aller à l’école cette journée-là», confirme José Gonzalo, étudiant de l’école secondaire De Rochebelle, à Québec. «Tant qu’à payer 100$ pour rester dans une classe, pas voir nos amis des autres groupes, aussi bien ne pas y aller. Ce n’est pas une célébration de nos études.»

Et le mot se passe, à Québec comme dans d’autres régions. «La moitié des gens se disent "de la merde, on va se faire notre propre bal en gang"», confie Élodie Brodeur, qui étudie à l’école Mitchell-Montcalm, à Sherbrooke.

Plusieurs jeunes à qui Le Journal a parlé mercredi se disent désabusés de voir que même si le gouvernement Legault a donné son aval, ce sont maintenant les directions d’écoles qui jouent contre eux.

«Vingt minutes après [l’annonce du gouvernement], on apprenait qu’on n’en aurait pas, que ça allait être en bulle-classe, sans nos parents et tout le reste», déplore Flavie Légaré, qui est dans le comité organisateur du bal à De Rochebelle. «La direction a des arguments, mais c’est toujours une façon de pouvoir s’en sortir. S’ils l’avaient vraiment voulu, on en aurait eu, un bal».

Sacrifices

Les jeunes en ont contre les explications qu’on leur fournit depuis mardi. Évidemment, une activité après le 8 juillet impacterait les vacances du personnel, mais les élèves rappellent qu’ils ont été touchés eux aussi par les journées de grève du personnel dans les dernières semaines.

«C’est essoufflant, on a tout essayé pour proposer des solutions. Et contrairement aux profs, nous, on est pas syndiqués», lance avec une pointe d’ironie dans la voix Laurence Turenne-Fortier, présidente des élèves de l’école secondaire de Neufchâtel, où la direction propose un dîner de finissant et une remise de diplôme au Stade Canac avec les parents dans les estrades. «Ce ne sera pas comme le bal.»

«On en a fait, des sacrifices, pour leurs grèves, pourquoi eux ne sacrifieraient pas un peu de leur temps pour qu’on ait notre moment?» se demande de son côté José Gonzalo.

Et même si certains membres du personnel ne voulaient pas collaborer, les jeunes semblent convaincus que des parents superviseraient volontiers l’activité.

«Il y a bien des parents qui seraient prêts à organiser ou à donner un coup de main», ajoute Flavie Légaré.

Manque de volonté

Parmi ces parents qui prennent le parti des jeunes, Frédéric Gonzalo, le père de José. Il appuie à 100% la décision de son fils de boycotter l’activité de remplacement organisée à la place du bal.

«Je les comprends. Payer 100$ pour aller s’asseoir dans une classe sans nos amis des autres groupes, avec les parents sur Zoom, pour manger des crudités, non merci, ça va aller», déplore le père de famille qui a dénoncé dans une lettre ouverte «le manque de volonté des directions».

Questionnée à cet effet, la direction du Centre de services scolaire des Découvreurs a préféré ne pas commenter, n’ayant pas eu les détails du plan de match de l’école De Rochebelle.