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La patente à gosse de Québec 21

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Après des mois de suspense, Jean-François Gosselin, chef de Québec 21, a fini par présenter hier son supposé mirobolant projet de transport structurant souterrain, celui qui, d’après lui, réglera tout au meilleur prix.

Je me permets de blaguer ainsi, car, il faut bien le dire, en matière de transport structurant, M. Gosselin souffre d’un abyssal déficit de crédibilité. 

Ce projet supposément « beau, bon, pas cher » n’arrangera rien. Il forcerait la Ville à tout recommencer à zéro, y compris le financement, après plus de 10 ans de travail d’experts. La catastrophe !

Lors de la campagne de 2017, le chef de Québec 21 avait fait du troisième lien à l’est, un dossier relevant du provincial, son principal engagement qui l’a longtemps obnubilé. 

À l’époque, M. Gosselin parlait d’une élection référendaire sur le projet de transport en commun. Quatre ans plus tard, il joue la même cassette, mais s’est transformé en apôtre du transport structurant.

En matière de cassette, ce politicien est d’ailleurs passé maître. Au point d’avoir rendu imbuvables les séances du conseil, et d’avoir contribué comme jamais, par son manque de profondeur et de vision, à tirer vers le bas les débats publics d’importance à Québec.

Cette fois, en misant sur un métro léger, M. Gosselin fait le pari de rallier les électeurs qui en rêvaient pour Québec. Mais nul besoin de creuser longtemps : un métro coûte trop cher, soit de quatre à cinq fois plus qu’un tramway, selon une étude dévoilée en 2019. 

Selon cette même étude, commandée par la Ville de Québec, ce mode est également surdimensionné, compte tenu de la densité de population.

Fumisterie électorale

Or, les données dévoilées hier par M. Gosselin ont de quoi laisser pantois. 

Régis Labeaume n’a d’ailleurs pas tardé à dénoncer les coûts et la fumisterie électorale. 

Là-dessus aussi M. Gosselin, candidat des radios privées en 2017, est difficile à suivre. Ses électeurs n’ont jamais eu de penchant pour la mobilité durable.

Puis, à trop vouloir sous-estimer ainsi l’intelligence de l’électeur moyen, avec un projet miracle, la réalité aura tôt fait de le rattraper.