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Le Quebec bashing va bien

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Photo AFP La haine antiquébécoise n’a plus de limites.

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Il n’a pas fallu grand temps pour que la presse canadienne-anglaise cherche à faire un lien entre l’odieux attentat antimusulman de London, en Ontario, et la loi 21. En gros, cette tuerie ontarienne s’expliquerait par le nationalisme québécois qui exciterait l’intolérance au Canada.

On pourrait se contenter de dire qu’une telle association est imbécile, stupide, crétine, minable et dégueulasse. Mais ce serait oublier qu’elle est révélatrice d’un état d’esprit dominant chez les élites médiatiques canadiennes qui ont instrumentalisé l’attentat de London pour en faire porter la responsabilité au Québec. 

Le Quebec bashing va bien. 

Questionné pour savoir ce qu’il pensait de cette association, Justin Trudeau a d’abord cherché à botter en touche avant de dire qu’au terme de la pandémie, les Québécois se seront détachés de la loi 21, car ils se seront habitués à se faire servir par des agents de l’État masqués, avant de suggérer ensuite qu’elle n’était pas sans lien avec « l’intolérance » au Canada. 

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Diabolisation

Trudeau nous prend-il pour des idiots ? 

Ajoutons que cette association malveillante entre l’attentat de London et la loi 21 circulait massivement sur les réseaux sociaux. 

La thèse qui revient est toujours la même : le Québec, laissé à lui-même, serait fondamentalement intolérant.

Il représenterait une tumeur dans le Canada, engendrant bien au-delà de ses propres frontières des métastases. 

Il faudrait pour cela le mater en le diabolisant. 

On lui infligera une propagande où on l’assimilera sans cesse au racisme. On poussera les Québécois à avoir honte d’eux-mêmes. 

On les invitera à se rééduquer en devenant des Canadiens multiculturalistes comme les autres, pour se délivrer de leur identité toxique. 

Au Canada, toutes les formes d’intolérance sont condamnées, sauf l’intolérance contre le Québec, valorisée. 

Qu’on me permette un rappel historique : pendant la Première Guerre mondiale, le Canada anglais ne cachait aucunement son hostilité à l’endroit du Québec, considéré comme une province rebelle à cause de son hostilité à la conscription. 

La haine antiquébécoise était tellement prononcée que, en décembre 1917, Joseph-Napoléon Francoeur a présenté une motion – on parle d’ailleurs de la motion Francoeur – à l’Assemblée législative du Québec qui se lisait ainsi : « [...] que la province de Québec serait disposée à accepter la rupture du pacte confédératif de 1867 si, dans les autres provinces, on croit qu’elle est un obstacle au progrès et au développement du Canada ». 

Histoire

Autrement dit, si nous sommes à ce point de trop dans ce pays, aussi bien le quitter. 

Cette motion n’a pas été mise au vote, hélas, mais on comprend l’idée.

J’ai quelques amis fédéralistes de bonne foi qui, ces jours-ci, commencent à se dire la même chose. 

Ils se demandent jusqu’où le Canada anglais ira pour nous salir.

Si, pour le Canada, notre peuple devient à ce point gênant, au point de lui faire porter la responsabilité d’une horrible tuerie en Ontario, nous pouvons toujours en sortir. 

Je souhaite à mes amis d’aller jusqu’au bout de leur réflexion.