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QS demande des permis spéciaux aux microbrasseries et aux microdistilleries

Émilise Lessard-Therrien
Photo d'archives, Agence QMI Émilise Lessard-Therrien

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Québec solidaire souhaite la création de permis spéciaux pour les microdistilleries et les microbrasseries afin de leur permettre de vendre plus directement leurs produits aux consommateurs. 

La porte-parole du parti en matière d’alimentation, Émilise Lessard-Therrien, a ainsi présenté un projet de loi jeudi pour réformer le cadre réglementaire entourant cette industrie.

«Ça viendrait réparer une iniquité pour nos microbrasseries, nos microdistilleries, pour qu’elles puissent jouir des mêmes possibilités que les vignerons ont, par exemple», a-t-elle expliqué en entrevue.

La loi actuelle permet en effet aux producteurs de vin de vendre leurs marchandises dans des marchés publics s’ils ont le permis approprié, ce qui n’est pas possible pour les entreprises qui brassent de la bière ou des alcools forts de manière artisanale.

S’il est adopté, le projet de loi de la députée de Rouyn-Noranda-Témiscamingue permettrait notamment aux microbrasseurs de livrer eux-mêmes leurs produits aux consommateurs et de les vendre dans des marchés publics et aux microdistillateurs de faire de même, mais dans leurs installations.

Dans la situation actuelle, un producteur d’alcool fort doit «racheter» son alcool à la SAQ pour le vendre dans son propre établissement, même si la bouteille n’a jamais quitté le lieu de production.

Selon le président de l'Union des microdistilleries du Québec, Jonathan Roy, plus de la moitié de la marge de profits sur la vente de leurs produits sur place est alors absorbée par la société d’État.

«C’est en train de tuer présentement une jeune industrie. Nos règlements datent de la prohibition de l’alcool et il faut comprendre qu’on est en 2021, ce qui était bon il y a 100 ans passés n’est plus d'actualité», a-t-il dit.

Du côté des microbrasseurs, la pandémie les a privés d’une bonne partie de leur clientèle, d’où l’idée de leur permettre de livrer leurs produits, explique la directrice générale de l’Association des microbrasseries du Québec, Marie-Ève Myrand.

«C’est dans notre ADN de rencontrer les consommateurs, de leur parler, de leur présenter nos produits», a-t-elle lancé.

La province compte 280 microbrasseries et plus de 50 microdistilleries, qui emploient 5000 personnes.