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Un texto diffamatoire coûte 26 000 $ à une Lavalloise

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Un message envoyé à son neveu comme quoi il se faisait tromper, alors que c’était faux, va coûter cher à une dame de Laval, qui a été condamnée à payer 26 000 $ en dommages pour la diffamation.

« C’est un texto qui coûte cher, en effet. Mais ç’a été envoyé dans le but de faire mal. [...] Si on peut prendre une leçon, un commentaire qu’on fait, même de manière privée, peut mener à des condamnations. Il faut faire attention à ce qu’on dit, surtout sur internet », rappelle Maxime St-Onge, avocat spécialisé en dossiers de diffamation. 

C’est avec comme toile de fond un conflit familial de plusieurs années relativement à un héritage qu’une femme de Laval a décidé de narguer son neveu en lui écrivant, la veille de Noël 2019, qu’il était « cocu ». 

« Joyeuses Fêtes Le Cocu ! On appelle ça le retour de la pendule... que les nouvelles croustillantes se répandent vite [sic] », aurait-elle lancé, selon le jugement.

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L’homme en question, dont Le Journal a préféré taire l’identité, était en train de déballer des cadeaux avec sa famille lorsqu’il a pris connaissance du message. 

« Il est fâché, surpris, ne peut croire ce qu’il lit surtout considérant la provenance, mais un doute l’envahit. Devant sa famille, il questionne [sa femme], cette dernière nie toute infidélité. Tout le monde est mal à l’aise, [...] Les festivités s’arrêtent », explique la juge Julie Messier dans sa décision. 

Intentionnelle et mesquine

Voulant prouver qu’elle n’a rien à se reprocher, la conjointe décide d’entreprendre des démarches judiciaires « pour établir la fausseté du contenu du texto et de rétablir sa réputation ». 

En écoutant son témoignage, la magistrate a conclu que la tante vengeresse « n’a pas démontré à l’audition qu’elle possédait un iota de preuve » et qu’elle avait agi « de façon intentionnelle, mesquine » pour blesser son neveu. 

« Elle ne s’est pas excusée, elle ne croit pas que son écrit a eu des conséquences », déplore la juge Messier, la condamnant ainsi à payer 19 000 $ en dommages moraux et punitifs. À cela s’ajoute 7000 $ pour les frais d’avocats des plaignants. 

Hausse des dossiers

Or, de plus en plus de personnes se retrouvent devant les tribunaux pour des commentaires écrits sur internet qui sont de la diffamation, explique Me Maxime St-Onge. 

« On voit une augmentation du nombre de dossiers de ce genre. [...] On le voit beaucoup aujourd’hui, des gens écrivent et partagent des choses qui ne sont pas vraies ou dans le but de nuire, ça peut causer des préjudices », souligne l’avocat du cabinet Trivium. 

S’il trouve que la peine de 26 000 $ est un « montant faramineux », il n’est pas rare que des condamnations coûtent plusieurs milliers de dollars à des contrevenants, démontrant le sérieux de l’affaire, ajoute-t-il.