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Éclosion en oncologie au CHUS Fleurimont: les médecins obtiennent gain de cause

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En à peine 36 heures, le chef du service d’hématologie-oncologie du CHUS Fleurimont, à Sherbrooke, et 14 de ses collègues ont réussi à faire entendre raison au gouvernement, Québec obligeant désormais le personnel soignant des unités d’oncologie à être vacciné ou à subir trois tests de dépistage chaque semaine.

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Une victoire pour ces médecins qui ont dénoncé cette situation dans une lettre adressée au ministre de la Santé et des Services sociaux, mardi.

«Je suis évidemment très content de l’annonce. Je pense que ça va être une excellente nouvelle et surtout une excellente protection pour les patients d’hémato-oncologie à travers toute la province», a avoué Dr Michel Pavic.

Si la bataille s’est jouée à Sherbrooke, c’est l’ensemble des patients du Québec qui auraient pu écoper. Une mesure qui va de soi pour Amélie Boisclair, médecin aux soins intensifs qui œuvre à l’Hôpital Pierre Le Gardeur de Terrebonne.

«On veut prendre soin des patients, on veut les protéger, alors définitivement ça prend des mesures. Soit pour encourager et pas nécessairement de la coercition parce qu’il faut essayer de comprendre pourquoi ces gens-là ne se font pas vacciner. Mais [il] faut définitivement agir rapidement là-dessus», a-t-elle expliqué.

Pour les proches des quatre patients décédés, c’est une victoire douce-amère.

Parmi eux, Jocelyn Laliberté, qui a perdu sa conjointe des 18 dernières années, Céline Hade, qui était traitée pour un lymphome diffus à grandes cellules. Elle en était à son avant-dernier traitement lorsqu’elle est décédée de la COVID-19 le 7 juin à l’âge de 67 ans.

«C’est trop peu trop tard. Ça prenait ça, mais ce que je déplore c’est pourquoi ça n’a pas été fait au début? Pourquoi attendre qu’il y ait des décès pour réagir?», a souligné M. Laliberté.

Selon lui et le Dr Pavic, le gouvernement devrait même aller plus loin en étendant cet arrêté à tout le personnel hospitalier.

«Des patients immunosupprimés, il n’y en a pas qu’en hémato-oncologie», a expliqué le Dr Pavic. «Il y en a par exemple en service de dialyse. Également, des patients immunosupprimés peuvent être hospitalisés dans d’autres unités.»

Et cette règle devrait s’appliquer à tout le personnel de l’hôpital, pour des employés de l’Hôpital Fleurimont interrogés par TVA Nouvelles à ce sujet.

«Ce n’est pas convenable que des gens, qui sont des professionnels de la santé et qui travaillent avec des patients qui peuvent être potentiellement vulnérables, ne soient pas vaccinés», a affirmé un employé du centre de recherche.

«Dans un contexte de devoir communautaire, on devrait peut-être mettre de côté ses idées personnelles de façon à protéger les gens. On est là pour aider les gens et non pas pour les détériorer», croit pour sa part un physiothérapeute de l’hôpital.

Rappelons que jusqu’à présent, l’éclosion à l’unité d’hémato-oncologie du CHUS a touché 16 usagers et sept employés. Quatre patients en sont aussi décédés.