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Espaces bleus: faire du Québec une nation fière

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Il y a vingt ans, le président du Collège des médecins, le Dr Yves Lamontagne, avait signé un livre qui abordait les problèmes de la société québécoise d’un angle singulier : la fierté. Je me souviens d’avoir été marqué par son constat.  

Du mauvais état des écoles aux temps d’attente en santé, il y avait un fil conducteur : le manque de fierté. Le manque de fierté individuel quand vient le temps de se dépasser dans son travail, jusqu’au manque de fierté collectif lorsqu’on s’habitue à accepter l’inacceptable.

J’ai repensé à ce constat hier en entendant le premier ministre du Québec annoncer son projet d’Espace bleu. Ce projet m’interpelle et me plaît pour cette raison précise : il veut contribuer à faire du Québec une nation fière.

Nationalisme enraciné

François Legault nous avait promis un gouvernement nationaliste. Sur certains enjeux comme le nationalisme économique, les résultats ne sont pas toujours évidents. Sur d’autres, comme la langue française, nous faisons des pas dans la bonne direction, mais il faut pousser plus loin. Mais sur l’enjeu de la fierté, le premier ministre a une sensibilité qui rayonne.

La fierté d’un peuple, ce n’est pas l’équivalent de péter de la broue ou de se crier des slogans. Cela doit s’enraciner dans des atouts solides. L’un de ses atouts consiste à connaître son Histoire. 

L’Histoire s’enseigne en classe, mais elle doit aussi aller à la rencontre du public. D’où la pertinence de créer des lieux de diffusion ouverts et accueillants pour mettre à l’avant-scène nos héros et nos réussites.

La diffusion des réussites de notre passé et des efforts de nos bâtisseurs me paraît particulièrement cruciale à notre époque. Parce que ce qui est à la mode, c’est de faire tomber des statues et de croire que tous ceux qui sont passés avant nous étaient des barbares et des arriérés.  

Nos bâtisseurs

Y a-t-il eu des erreurs dans notre Histoire ? La réponse est oui. Mais à tellement gratter tous nos bobos du passé, nous risquons d’en arriver à perdre la perspective de l’ampleur de ce qui fut bâti. Et perdre le respect pour le courage, la détermination et les sacrifices qu’il aura fallu pour que le Québec devienne ce qu’il est aujourd’hui.

Or, la vérité, c’est que nos ancêtres sont arrivés dans un pays au climat très dur et qu’ils l’ont défriché. Ils y ont bâti des maisons, des familles, des villages, puis des institutions. 

De génération en génération, ils ont accueilli de nouveaux arrivants et, ensemble, ils ont voulu laisser un monde meilleur à la génération suivante. Tout en y préservant une langue minoritaire.

Je vous ai raconté l’été dernier le sentiment de fierté que m’avait procuré un voyage dans le Nord québécois pour voir de mes yeux nos grands barrages. 

J’en suis revenu avec un sentiment que tous les Québécois devraient avoir la chance de voir cela, de mesurer l’ampleur du génie québécois. Je ne suis pas toujours certain que nous transmettions cette fierté à la génération montante.

Des Espaces bleus pour étaler, région par région, les objets de notre fierté ? Oui, j’irai les visiter !