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Brigitte Saint-Aubin, fil d’Ariane de «Design intérieur»

Brigitte Saint-Aubin, fil d’Ariane de «Design intérieur»
PHOTO COURTOISIE/petit russe

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Présenté deux soirs en 2018, le solo théâtral et musical «Design intérieur» permettra maintenant à Brigitte Saint-Aubin d’habiter, devant public, la scène chez Duceppe. 

Avant ce retour prévu du 16 au 20 juin, l’artiste s’est interrogée sur la pertinence de sa quête intérieure, de sa traversée où voguent le deuil et la reconstruction. «C’est quelque chose qu’on porte longtemps, je pense. Et qu’on porte souvent.»

Selon elle, cette mise au point truffée de questions et de réponses est d’autant plus pertinente aujourd’hui en raison de la pandémie qui a obligé tant de gens à mettre des choses sur pause.

«Dans la collectivité, j’ai entendu beaucoup de personnes qui, à cause de cet arrêt, ont été forcées de faire des deuils ou de se repositionner.»

La force de l’humour

Dans cette oeuvre où cohabitent naturellement monologues et chansons, Brigitte Saint-Aubin accorde une grande importance à l’introspection, mais ne se prend pas trop au sérieux.

«Mon spectacle, malgré un propos dense, a évidemment beaucoup d’humour parce que ça fait partie de ma personnalité. [...] Je pense qu’à travers l’humour, on peut plus facilement ouvrir les coeurs à la confidence. On rit ensemble et il y a beaucoup d’autodérision dans mon parcours parce que ça fait partie de moi.»

La musique n’est pas là comme simple artifice; elle a un rôle précis.

«Ce qui rend l’objet intéressant, c’est qu’il y a plusieurs niveaux de récit, explique l’artiste. Les chansons remplissent plus un côté onirique, elles sont plus ludiques alors que mon discours est très terre à terre. J’ai une façon très directe de m’adresser au public, il y a quelque chose de très concret. L’alternance avec mes chansons, qui sont plus lyriques, oniriques, qui laissent plus respirer le spectateur, amène le récit dans une autre atmosphère et une autre compréhension.»

«Vivante» et «organique», l'oeuvre bénéficie de la présence de trois musiciens appelés à jouer en direct, derrière des panneaux de projections transparents. Il n’y a rien de préenregistré.

Brigitte Saint-Aubin, fil d’Ariane de «Design intérieur»
PHOTO COURTOISIE/petit russe

Face aux gens

Après avoir expérimenté le virtuel, Brigitte Saint-Aubin tenait à ce que ses rendez-vous prennent vie devant les gens et non via une plateforme.

«C’est de l’art vivant, c’est fait pour être communiqué. En plus, je parle directement au public. [...] C’est nettement plus intéressant qu’en ligne où on parle avec soi-même. Et lorsque tu joues avec l’humour, c’est peut-être encore plus palpable, parce qu’on entend les rires...»

De plus, elle fait des gens ses partenaires de jeu.

«Je suis le fil d’Ariane. Et ce fil-là, c’est un peu l’humour qui le tient. Si je sens que tu t’en vas un peu, je vais te ramener avec quelque chose qui va sortir un peu. La lumière va être au bout. Mais je n’ai pas ta réponse, que je ne sens pas la tension sur le fil, je vais être toute seule avec ce fil... Ce n’est pas du tout comme partir en voyage. Le public avec toi est un personnage avec qui tu joues. C’est grâce à lui que ton fil a la tension parfaite.»

Très stimulée par les nouvelles expériences, Brigitte Saint-Aubin collabore actuellement à un spectacle des Ballets Jazz de Montréal articulé autour de la musique de Patrick Watson. En tant qu’actrice, elle aidera à donner corps au récit durant l’automne.

  • «Design intérieur» est présenté du 16 au 20 juin chez Duceppe. Pour infos et billets: duceppe.com.