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Dans l’univers musical de Richard Z. Sirois

Denis Drolet, spectacle «Comme du monde»
Photo d'archives, Agence QMI

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Si vous avez regardé les spectacles et sketchs de RBO, vous n’êtes pas sans savoir que la musique a occupé une place de premier plan dans leur carrière.

Même s’il ne se sentait pas interpellé par les tours de chant de plus en plus fréquents du groupe, Richard Z. Sirois n’en est pas moins un solide mélomane. 

Doté d’une érudition et d’une mémoire remarquable, il parvient à mettre en parallèle sur sa page Facebook Le vinyle de l’insomniaque des anecdotes personnelles et des albums-clés de sa vie. Pour le plus grand plaisir des fans toujours plus nombreux de la page. 

Après tout, à ses balbutiements radiophoniques en 1981, Rock et belles oreilles devait être une émission consacrée au rock...

Au départ à la radio(à CIBL), vous vouliez faire jouer la musique qu’on n’entendait pas ailleurs. Comment vous les découvriez ces groupes-là?

Guy (A. Lepage) et moi, on était très rock alternatif. On achetait des revues, on se tenait pas mal au courant. On parlait de B-52’s, de Talking Heads, des Clash, des Sex Pistols, du courant punk. Tout le courant new wave, ça ne passait pas à la radio. 

Qu’est-ce tu lisais comme magazines rock?

Il y avait des journaux comme Pop rock. J’y ai même déjà écrit des trucs. J’achetais le Rolling Stone, le Circus, le Creem, le Rock’n’Folk. Au cégep et à l’université, j’écrivais des critiques, des chroniques rock. Ça m’a forcé à être à l’affût de plein de choses. On s’informait comme ça. Internet n’existait pas. 

Quand tu as découvert le punk, est ce que tu as continué d’écouter du progressif?

Les chansons qu’on faisait jouer à CIBL étaient très variées. Il y avait du progressif comme Emerson, Lake & Palmer. Il pouvait aussi y avoir The Clash, Harmonium, Offenbach, Rolling Stones, King Crimson

As-tu assisté aux premiers show punk de la scène montréalaise?

J’ai vu un spectacle de D.O.A. (Dead on Arrival) dans une espèce de hangar. Il fallait arriver par la ruelle. J’ai aussi vu le premier spectacle rap de l’histoire au Québec. C’était au Café Campus avec GrandMixer DST (devenu Grand Mixer DXT par la suite) entre autres. Les gens du Café Campus étaient à l’affût de ce qui se passait à New York. 

À part ceux de RBO et des Bleu Poudre, c’est quoi tes albums d’humour préférés?

Les deux Paul et Paul: Rémi AM/FM et le spectacle de Paul et Paul. J’ai trois albums des Cyniques aussi. Là, je cherche un album des Carcasses que j’ai déjà eu, mais que je ne trouve plus. Rémi AM/FM et Les Carcasses ça a été une bonne source d’inspiration pour nos sketchs à la radio. 

Tu te définis comme étant nostalgique, mais est-ce que tu t’intéresses aux nouveautés?

Oui, par mes enfants. J’ai un garçon de 31 ans, une fille de 22 ans et un garçon de 20 ans. Quand ils étaient jeunes, c’est moi qui leur faisais découvrir la musique. Et tu vois, c’est mon grand garçon qui m’a fait découvrir Radiohead

Mon garçon de 20 ans m’a dit: «Papa, ça a aucun sens que tu n’aies pas fait d’article sur Kanye West!» Et ma fille m’a dit «Papa je vais te renier si tu ne fais pas une chronique sur Billie Eilish!» Les artistes comme Koriass, Dead Obies, Fouki, Loud, c’est vraiment mes enfants qui me les ont fait découvrir. 

Est-ce qu’il y a une salle de spectacle montréalaise qui n’existe plus qui te manque?

Le Spectrum. Avec RBO, on l’a fait 24, 25 fois. Il y avait quelque chose dans cette salle qui était magique. Tu voyais bien de partout. Tout l’accent était mis sur la scène. Je ne me rappelle pas d’y avoir vu un spectacle que je n’ai pas apprécié. J’y ai vu Les Colocs. C’était tellement bon!  

Tu as un côté archiviste. Est-ce qu’il y a des artefacts de RBO que tu es le seul à posséder?

Ouais, j’ai gardé mes costumes du spectacle. Quand on a gagné le Félix de la révélation de l’année à l’ADISQ en 85, on avait un trophée pour le groupe et c’est moi qui l’ai. J’ai mes vestons jaunes de RBO. Des affiches des spectacles qu’on a fait un peu partout au Québec. 

En tant que cinéphile, ta meilleure trame sonore de film, ça serait quoi?

Forrest Gump. Il y a pas longtemps j’ai redécouvert Phantom Of The Paradise de Brian de Palma, j’ai beaucoup aimé la bande sonore. Pulp Fiction pourrait être ajouté à ça. 

Le vinyle de l’Insomniaque, est-ce une manière de reprendre le projet que tu avais en tête avec RBO au départ?

C’est pas loin de ça. Ce qui est arrivé avec Le vinyle c’est que j’ai écrit sur Facebook pour l’anniversaire du décès de mon père, le 30 janvier. Mon plus jeune garçon m’a dit: «Papa j’ai aimé ça ton texte. C’était émotif, c’était touchant.» Et mon garçon ne me fait pas souvent ce genre de commentaires là. Je lui ai dit «C’est gentil, mais je ne peux pas écrire ça chaque jour.» Et mon garçon m’a répondu «Écris sur ce que t’aimes...» Ça a été un déclic instantané. 

Ce que j’aime c’est le rock, la musique, les vinyles. Après, ça s’est enchaîné assez rapidement. Ça a pris une ampleur que je ne pouvais pas soupçonner. 

Est-ce que t’aimerais éventuellement réunir tes textes dans un livre?

Ça pourrait être un beau projet parce que j’aime l’écriture. Je suis rendu à environ 68 chroniques. Je dois avoir l’équivalent de 300 pages de textes. J’écris ça au jour le jour, ça me prendrait du recul pour tout relire, retravailler, corriger. Mais ça pourrait être un beau projet. 

Vous pouvez lire les chroniques de Richard Z. Sirois sur sa page Le vinyle de l'insomniaque.

Vous pouvez aussi écouter sa liste de lecture.