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Bergevin y croyait depuis le début

«Tu ne peux pas bâtir une équipe d’une façon et changer le personnel en séries» -Marc Bergevin

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Marc Bergevin arborait sa moustache des séries à deux jours seulement de la demi-finale contre les Golden Knights de Vegas. Sans son masque de protection N95 qui couvrait son visage, c’était possible de voir que le directeur général a emboîté le pas de plusieurs de ses joueurs avec une généreuse pilosité sous le nez. 

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Voilà pour la rubrique mondaine. 

Sur le plan hockey, Bergevin a réitéré toute la confiance qu’il avait en cette équipe pour cette saison. Le DG l’avait dit à l’ouverture du camp. Il croyait avoir construit une formation pour faire un bon bout de chemin en séries. 

À sa neuvième saison dans ce poste, il a dérogé pour une première fois de son discours classique, soit qu’il se battrait pour une place en séries et qu’une fois cet objectif atteint tout pourrait survenir.  

Gagnant de la division Nord grâce à une victoire en sept matchs contre les Maple Leafs et un balayage face aux Jets, le Canadien a réalisé une partie de sa mission : celle de causer des ravages en séries. 

Invité à comparer la formation de 2021 à celle de 2014 qui avait atteint la finale de l’Est contre les Rangers de New York pour perdre Carey Price dès le premier match, Bergevin a parlé d’un parcours autre. 

« On parle de deux équipes différentes, a-t-il dit. À l’époque, on avait un noyau plus âgé et une structure différente. Mais on est juste à mi-chemin de l’objectif final. Il y a beaucoup d’enthousiasme dans la ville, mais il y a encore beaucoup de pain sur la planche.  

« Comme Tyler (Toffoli) l’a dit : “Nous savons que nous sommes les négligés contre Vegas, mais ça ne nous dérange pas”. »

Des hauts et des bas

Bergevin a joué gros au cours des derniers mois. En février, il a congédié Claude Julien pour le remplacer par Dominique Ducharme. Une semaine plus tard, il a indiqué la porte de sortie à Stéphane Waite pour faire confiance à Sean Burke. Il avait expliqué ces changements par un désir d’apporter de nouvelles voix à l’équipe. 

L’homme de 55 ans avait également dit qu’il n’avait pas peur de se placer la tête sur le billot et de perdre son emploi. 

Il agissait de la sorte puisqu’il avait confiance au potentiel du groupe qu’il avait sous la main. Aujourd’hui, il en sort gagnant, mais il y a des jours où l’équipe devait manifestement le brasser dans ses propres convictions. 

Dans les hauteurs du Centre Bell, Marc Bergevin a surveillé l’évolution de l’équipe qu’il a construite.
Photo Martin Chevalier
Dans les hauteurs du Centre Bell, Marc Bergevin a surveillé l’évolution de l’équipe qu’il a construite.

Disons simplement que la saison du Tricolore n’avait rien d’un long fleuve tranquille. Quand on lui a demandé s’il avait douté de cette équipe, le DG a offert une réponse assez étoffée. 

« J’ai cru en cette équipe dès le début, a-t-il répliqué. Même ici en janvier quand j’ai dit bâtir une équipe pour les séries, c’est ce que je croyais. Il y a toujours des obstacles. Il y a deux genres de hockey, celui de la saison et celui des séries. Tu ne peux pas bâtir une équipe d’une façon et changer le personnel pour les séries. Il y a toujours des risques à courir, mais ça porte fruit aujourd’hui. »

« Il y a eu des périodes difficiles pendant l’année. Je pense à nos 25 matchs en 44 jours. Cette période a fait mal physiquement et mentalement. On jouait aussi dans la division canadienne, et il y avait beaucoup de voyages entre l’Est et l’Ouest. Ça rentre dans le corps. »

S’il y a un autre moment où sa foi pouvait être ébranlée, c’était bien le matin du cinquième match contre les Leafs à Toronto avec un retard de 1-3 dans la série. 

« Pour Toronto, je restais calme à mon réveil, a-t-il affirmé. Je savais que des vétérans avaient parlé, que les joueurs avaient eu de bonnes discussions. Les Perry, Staal, Allen, Eddy (Edmundson) et Weber ont dit des choses importantes. Ça prend aussi de la chance. Mais ça semble bien aller. Je suis très fier de notre équipe. »

Price : la bonne décision

Si le CH reste en vie après deux tours, c’est en grande partie grâce aux prouesses de Carey Price. 

L’homme aux grosses jambières n’est pas l’unique artisan des victoires contre les Leafs et les Jets, mais il a fait honneur à son statut de joueur de concession et à son salaire annuel de 10,5 millions.

S’il a souvent essuyé des critiques pour avoir investi autant d’argent dans un gardien numéro un, Bergevin a profité de la situation pour remettre les pendules à l’heure. 

« Comme vous voyez dans les séries, toutes les équipes qui vont loin ont des gardiens qui jouent bien. Pour avoir du succès, ça prend un gardien à la hauteur. On avait Price à Montréal et il n’y avait aucune raison de le laisser partir et de le voir connaître du succès ailleurs. C’était une décision réfléchie, mais encore la meilleure qu’on a prise. »

Dans sa visioconférence de 15 minutes, Bergevin est également revenu sur le discours de Bob Gainey, mercredi, à Brossard. 

« Bob, pour nous, c’est l’image d’un joueur qui représente notre équipe, a-t-il souligné. Comme personne, il est calme. Il a joué un rôle important pour l’organisation. On aimait aussi sa façon de jouer sur la glace. Il n’était pas spectaculaire, mais c’était un joueur d’équipe. C’est ce que Bob représentait. »