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Nos routes en déroute: personnel de la santé sur le qui-vive

Des employés craignent des ruptures de service en raison de la fermeture partielle du pont Pierre-Laporte

Le porte-parole de Dessercom, Francis Brisebois, affirme que deux véhicules ambulanciers seront ajoutés pour le secteur de Lévis, et 16 à Québec, pour tenter d’éviter les ruptures de service causées par la congestion monstre appréhendée.
Photo Didier Debusschère Le porte-parole de Dessercom, Francis Brisebois, affirme que deux véhicules ambulanciers seront ajoutés pour le secteur de Lévis, et 16 à Québec, pour tenter d’éviter les ruptures de service causées par la congestion monstre appréhendée.

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Le personnel de la santé craint d’éventuelles ruptures de service causées par les « énormes bouchons » de circulation liés à la fermeture partielle du pont Pierre-Laporte, qui doit être entièrement revêtu.

« C’est une énorme préoccupation. Récemment [le 3 juin], quand le pont Pierre-Laporte s’est retrouvé entravé en raison d’un accident majeur, les plateaux chirurgicaux et les unités de soins ont commencé 45 à 60 minutes en retard, en gardant le personnel de nuit au service », illustre le Dr Mathieu Simon, pneumologue et chef des soins intensifs à l’Institut universitaire en cardiologie et pneumologie de Québec (IUCPQ).

Selon l’IUCPQ, près de 24 % des employés habitent sur la Rive-Sud de Québec. Dr Simon fait d’ailleurs partie du nombre. Dr Simon craint que la fermeture du pont ne pèse encore plus sur le personnel de la santé en forçant du temps supplémentaire, alors que ceux-ci viennent de «de traverser la COVID-19». 

22 jours

Le pont Pierre-Laporte sera ainsi fermé partiellement entre le 27 juin et 7 juillet, puis entre les 8 et 18 août. Une seule voie sera accessible dans chaque direction.

Les travaux, effectués 24 h sur 24, serviront à remplacer la membrane d’étanchéité du pont qui s’est usée prématurément. 

« Si nous faisions une seule voie à la fois, ce ne serait pas aussi efficace que de la poser [la nouvelle membrane] sur la pleine longueur », justifie la porte-parole du ministère des Transports Émilie Lord.

Ambulanciers

L’inquiétude se fait aussi sentir chez les ambulanciers, alors qu’on prévoit des transports plus « au ralenti », malgré l’aménagement d’une voie réservée aux urgences sur le pont de Québec.

Appelés à traverser le fleuve plusieurs fois par jour pour transférer des patients entre hôpitaux, les ambulanciers craignent par ailleurs que leurs véhicules ne soient monopolisés en raison du trafic. 

« Il y a, oui, le potentiel de détérioration de la personne si elle est transportée avec un délai, mais aussi c’est ensuite de rapatrier cette ambulance-là dans sa zone désignée », mentionne Francis Brisebois, porte-parole chez Dessercom.

Directives

Des travailleurs de la santé ont affirmé au Journal ne pas avoir encore obtenu de directives quant au fonctionnement de leur unité lors de la fermeture du pont.

Le CISSS de Chaudière-Appalaches n’a pas souhaité répondre à nos questions concernant les potentielles répercussions sur le centre de vaccination du Centre des congrès de Lévis, notamment. 

Toutefois, il nous a été possible d’apprendre que l’urgence du Centre hospitalier Paul-Gilbert de Charny devrait rouvrir pour faciliter la consultation aux urgences pour la clientèle plus à l’ouest de la ville.

Au CIUSSS de la Capitale-Nationale, où plus de 1300 employés habitent la Rive-Sud, on a déjà procédé à des changements d’horaire. En situation d’urgence, des employés pourraient aussi être escortés par les policiers pour se rendre au travail, confirme la porte-parole Mélanie Otis.

Pour le moment, les hôpitaux de Québec prévoient inciter leurs employés à utiliser le transport en commun, favoriser le transport à vélo, et prévoir la possibilité de se loger chez un membre de la famille ou un ami.

TRAVAUX PRÉVUS  

  • Une seule voie dans chaque direction sera accessible sur le pont Pierre-Laporte entre le 27 juin et le 7 juillet, ainsi qu’entre le 8 et le 18 août.    
  • Travaux effectués jour et nuit   
  • Un seul traversier en fonction jusqu’au 6 septembre.    
  • Des policiers du Service de police de la Ville de Québec et de Lévis assureront la circulation en tout temps aux abords du pont Pierre-Laporte.      

Les camionneurs découragés  

L’industrie du transport se casse la tête pour tenter de minimiser les impacts de la fermeture partielle du pont Pierre-Laporte sur leurs activités.

Bon nombre de camionneurs empruntent le pont Pierre-Laporte tous les jours, voire plusieurs fois par jour. La fermeture du seul lien où il leur est possible de circuler s’annonce « catastrophique », selon des directeurs des opérations, questionnés par Le Journal.

Plusieurs tentent encore de trouver des solutions. Changements d’horaire et départs aussi tôt que 4 h du matin, hébergement de chauffeurs, tout est présentement analysé, nous dit-on.

« Ça va être des frais et une perte de temps incroyables. Si nos véhicules sont immobilisés pendant deux heures, c’est deux heures qu’ils ne font pas de clients, deux heures pas payantes », affirme Isabelle Gagnon, directrice des opérations chez Gestion CBC, spécialisée en transport de conteneurs pour les chantiers de construction.

« L’enfer »

« Ça va être l’enfer ! C’est sur qu’on va avoir des retards sur les jobs. On ne pourra pas promettre de temps précis de livraison aux clients », poursuit-elle.

Le son de cloche est le même chez Pompage provincial situé sur le boulevard Bastien à Québec, qui possède une douzaine de camions servant au pompage du béton. 

Le directeur des opérations, Ghislain Godbout, qui confirme avoir plusieurs clients sur la rive sud du fleuve, se gratte la tête afin de trouver des solutions. 

« Ce ne sera pas l’fun. On a commencé à chercher des solutions », dit-il, d’un ton découragé.


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