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Pensionnats autochtones: une histoire québécoise

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Photo courtoisie, Raoul Vollant Objets d’enfants accrochés à la clôture de l’ancien pensionnat de Maliotenam, à Sept-Îles.

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On aurait tort de croire que la sombre histoire des pensionnats autochtones ne nous concerne pas, ou moins que dans le reste du Canada.

Vrai, ces établissements étaient beaucoup moins nombreux et ont vu le jour un siècle plus tard au Québec. 

Mais ces maisons de l’horreur ont existé ici, elles font partie intégrante de notre histoire, elles sont le reflet de nos mentalités et les ont façonnées jusqu’à aujourd’hui. 

Le mythe du bon coureur des bois français, ami des Autochtones, a ses limites. Car c’est bien cela que nous avons appris dans nos cours d’histoire.

Dans nos manuels scolaires, les Canadiens français avaient bien peu à se reprocher dans le traitement réservé aux Premières Nations.

Il est vrai que la relation avec les Autochtones s’est transformée après la Conquête anglaise et à partir du 19e siècle avec la colonisation de l’Ouest canadien. 

L’assimilation et la destruction ont marqué les liens entre les premiers peuples et le nouveau pays qui naissait.

Difficile pour les Québécois, les Canadiens français, eux-mêmes conquis et victimes de politiques d’assimilation, de se voir comme oppresseurs. 

Or, le génocide culturel des Autochtones n’est pas qu’une histoire d’Anglais, c’est aussi la nôtre, d’hier à aujourd’hui.

Sinon comment expliquer le rôle de l’Église catholique dans la colonisation, Joyce Echaquan, le racisme systémique décrit par la commission Viens, ces pensionnats modernes qu’est la DPJ ?

Pensionnats modernes

Encore aujourd’hui, des milliers d’enfants autochtones sont arrachés à leur communauté pour être placés dans des familles d’accueil allochtones, souvent loin de chez eux. 

Ces enfants sont largement surreprésentés dans le réseau de la protection de la jeunesse.

Un réseau qui n’est pas adapté à la réalité autochtone, et qui perpétue le cercle vicieux du déracinement. 

Dans l’ensemble du pays, la moitié des enfants de moins de 14 ans sous la protection de la jeunesse sont issus des Premières Nations, alors qu’ils représentent moins de 10 % de population.

Et que dire de ces nouveau-nés autochtones qui sont pris en charge par l’État dès leur naissance, car leur mère a déjà eu des démêlés avec la DPJ ?

« Nous sommes d’avis que l’intervention en protection de la jeunesse doit, dès maintenant, respecter certaines conditions assurant la sécurisation culturelle. Pour ce faire, des initiatives autochtones ou en partenariat doivent être encouragées et financées », a écrit dans son rapport déposé en avril dernier la commissaire Régine Laurent.

Comment se sortir de cette spirale infernale ? 

Les Atikamekw ont développé un modèle de protection de l’enfance par et pour la communauté qui semble porter ses fruits. 

D’autres nations ont soif d’autonomie en la matière.

Devoir

Même si le mythe du bon Canadien français a la couenne dure, les mentalités changent. Nous ne sommes plus à l’époque de la crise d’Oka.

On l’a constaté l’an dernier durant le blocus ferroviaire. Malgré le grand dérangement qu’ont causé les manifestations, la population s’est montrée relativement sympathique aux revendications territoriales des Wet'suwet'en.

Deux cent quinze petits corps d’enfants autochtones enfouis ont marqué nos esprits, de Victoria à Québec.

Nous avons tous la responsabilité de ne pas oublier, et de faire mieux.

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