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Culpabilisation et colonialisme

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Photo AFP Le premier ministre Justin Trudeau, vendredi, à son arrivée à Carbis Bay, en Angleterre, afin de participer au sommet du G7.

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Bien que ce soit une hypothèse farfelue, des journalistes anglo-saxons ont profité de l’assassinat de quatre membres d’une famille musulmane à London pour faire un lien entre la loi québécoise sur la laïcité et la tuerie.

Malgré que cette loi soit plutôt modérée, elle suscite l’aversion au Canada anglais. Le projet de loi 96 sur la protection de la langue engendrera probablement la même réaction. Ce sera une autre occasion d’accuser le Québec de racisme, d’islamophobie, de xénophobie et d’encouragement à la haine.

Interdiction de se distinguer

En parcourant l’histoire du Canada après la Conquête, nous constatons que le dessein de la Couronne britannique et de ses représentants visait notre assimilation. C’est encore vrai aujourd’hui.

L’Acte d’Union de 1840, la Confédération de 1867 et le rapatriement de la Constitution de 1982 reflètent cette volonté de nous noyer dans une mer anglophone progressivement. L’assimilation tranquille !

Le livre d’André Binette, Plaidoyer pour un Québec indépendant, est d’ailleurs éclairant sur cette évolution des institutions canadiennes. L’auteur est constitutionnaliste et avocat, son livre est un recueil de ses nombreuses chroniques constitutionnelles.

En nous remémorant le passé, nous comprenons pourquoi la société distincte rebutait tant les fédéralistes. Le concept d’une nation québécoise, la laïcité de l’État et l’affirmation d’être un des deux peuples fondateurs sont autant d’éléments qu’ils perçoivent comme un frein à leur projet d’assimilation. Pour ceux-ci, nous devrions être un groupe culturel parmi d’autres.

Dans la poursuite de ce but, les fédéralistes font des amalgames douteux et s’efforcent de rendre le Québec honteux avec ses lois associées à du totalitarisme. Chaque opportunité est saisie pour accuser et nous faire sentir coupables.

Agir

Le racisme, l’islamophobie, la xénophobie et la haine sont présents au Québec comme ailleurs au Canada. Ils demeurent le lot d’une minorité. Sans être coupables, on doit agir pour enrayer ces maux, car en ne faisant rien, on le serait.

Les solutions n’émergent pas d’elles-mêmes, elles devront être le fruit d’un dialogue et avoir un effet structurant. La Convention de la Baie-James et la Paix des Braves illustrent des échanges réussis et mutuellement satisfaisants.

Ils restent encore à faire avec les Premières Nations et les Inuits pour s’assurer d’un développement harmonieux en tout respect des uns et des autres. Le ministre Lafrenière semble avoir ouvert les bonnes portes, on n’en parle toutefois pas assez.

D’autre part, chaque citoyen a droit à son intégrité et à sa sécurité, quelle que soit son appartenance religieuse ou son ethnie. Plutôt que de se perdre dans des débats sur le racisme systémique ou sur l’islamophobie généralisée, agissons sur les problèmes identifiés communément.

Il faudra cependant éviter de tomber dans la courbette excessive comme le fait, à titre d’exemple, la mairesse Plante en présentant Montréal comme un territoire Mohawk non cédé ou en nommant une commissaire controversée à la lutte contre le racisme. Elle a peut-être trop assimilé le sentiment de la honte.