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Les Mohawks choqués par la fête qui a eu lieu chez eux

La communauté de Kanesatake a été prise d’assaut par des centaines de fêtards

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Dénonçant l’inaction de la Sûreté du Québec, la communauté de Kanesatake est sous le choc après avoir été littéralement envahie samedi par des fêtards irrespectueux. 

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«Les gens de l’extérieur nous ont crié des insultes et nous ont menacé. J’ai eu peur », témoigne Al Harrington, un résident de longue date de Kanesatake d’origine ojibwé. 

Ignorant les mesures sanitaires, les fêtards en question étaient venus boire, fumer et danser à l’extérieur au son de la musique caribéenne à l’invitation du Green Room, un dispensaire de cannabis du coin. 

«Il y a certains marchands de cannabis qui veulent attirer le plus de clientèle possible et qui exagèrent», s’indigne le grand chef de Kanesatake, Serge Simon.

Car de tels rassemblements ne sont «absolument pas permis» dans la communauté, qui applique des mesures sanitaires plus strictes que celles de la santé publique, rappelle Robert Bonspiel, porte-parole de l'Unité d'intervention d'urgence de Kanesatake.

  • Écoutez l'entrevue avec Pascal Quevillon, maire d'Oka au micro de Richard Martineau sur QUB radio :

Il estime qu’au bas mot 300 personnes ont malgré tout pris part à la fête, occupant l’accotement de la route 344 qui traverse la communauté, ou même les stationnements des particuliers sans permission.

Des échanges tendus ont eu lieu entre participants et résidents mohawks, dont certains s’étaient équipés de bâtons de baseball pour protéger leur propriété. 

D’autres plus âgés se sont terrés chez eux, effrayés par la présence des fêtards. 

Aux grands maux

Vers 21 h 30, des citoyens excédés par l’attitude des intrus ont érigé un barrage à l’entrée de la communauté, en espérant couper court au party.

«J’ai commencé à les aider, parce que c’est nous qui devons nous charger de la sécurité de notre communauté. Je ne me laisserai pas intimider sur notre territoire», explique M. Harrington.

La Sûreté du Québec (SQ) confirme avoir reçu un signalement concernant le rassemblement problématique de samedi, mais n’était pas en mesure de fournir un bilan de son intervention hier soir. 

Des centaines de personnes se sont invitées en territoire mohawk, à Kanesatake, pour faire la fête au dispensaire de cannabis Green Room sans se soucier le moins du monde de la distanciation sociale et des conséquences pour la communauté.
Capture d’écran tirée de Facebook
Des centaines de personnes se sont invitées en territoire mohawk, à Kanesatake, pour faire la fête au dispensaire de cannabis Green Room sans se soucier le moins du monde de la distanciation sociale et des conséquences pour la communauté.

Une police autochtone

Pour le grand chef Simon, tout cet épisode prouve la nécessité d’avoir un corps policier mohawk qui patrouillerait le territoire, comme c’était le cas avant que la SQ prenne le relai en 2004.

«Il y a des événements dans la communauté et la [SQ] en minimise l’impact ou les ignore complètement. Celui de [samedi] en est un bon exemple», déplore-t-il. 

En marge d’un point de presse hier, le premier ministre François Legault s’est dit dérangé par les images de la fête et ouvert à l’idée d’un nouveau corps de police pour la communauté.

«Il y des discussions pour savoir s’il devrait y avoir des policiers autochtones [...]. On ne dit pas non à la demande du grand chef Simon.»

Cette idée ne fait cependant pas l’unanimité à Kanesatake. 

En l’absence d’un tel corps de police, l’Unité d'intervention d'urgence (UIU) de Kanesatake a de toute façon dû s’en remettre à l’esprit de communauté pour faire respecter ses mesures sanitaires plus sévères en vigueur. 

«Depuis le début, on demande aux gens de penser aux aînés et à leurs voisins. Et jusqu’à [samedi], j’ose dire que ça nous a bien servis», affirme M. Bonspiel. 

Kanesatake ne déplore que 37 cas de coronavirus et deux décès depuis le début de la pandémie, un «petit miracle», selon le grand chef.

L’UIU songe désormais à contrôler l’accès à la communauté pour prévenir de nouveaux débordements comme ceux de la fin de semaine. 

  • Écoutez la chronique de Félix Séguin au micro de Richard Martineau sur QUB radio:  

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