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Un conte poétique sur l’amour

Tournage Une Sirène à Paris
Photo courtoisie Nicolas Duvauchelle et Marilyn Lima dans une scène de la comédie fantaisiste Une sirène à Paris.

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Après les attentats terroristes à Paris en 2015, le cinéaste, écrivain et musicien français Mathias Malzieu a voulu « réenchanter » la Ville Lumière en écrivant un conte poétique et musical qui revisite le mythe des sirènes dans une ambiance rétro de cabaret des années folles. Cette fable fantaisiste, intitulée Une sirène à Paris, lui a inspiré à la fois un livre, un disque et un film, qui prend l’affiche vendredi prochain au Québec.

« Une sirène à Paris est né d’un désir de rattraper le temps », a souligné d’entrée de jeu Mathias Malzieu, lors d’un entretien téléphonique accordé au Journal plus tôt cette semaine. 

« L’année où il y a eu ces attentats contre Charlie Hebdo et le Bataclan, je venais de recevoir une greffe de la moelle osseuse et j’avais passé 11 semaines dans une chambre stérile sans pouvoir sortir dans des lieux publics. C’était un peu comme la COVID avant tout le monde (rires) ! »

« Puis, quand j’ai commencé à me porter mieux, j’ai eu le goût de réembrasser la vie et de réenchanter Paris qui avait beaucoup souffert de ces attentats. Ç’a créé une pulsion de vie en moi et j’ai décidé de me lancer dans l’écriture d’un livre, d’un film et d’un disque en même temps ! »

Sorti en France tout juste avant le début de la pandémie, en mars 2020, Une sirène à Paris met en scène un crooner au cœur brisé, Gaspard (Nicolas Duvauchelle), qui s’est juré de ne plus jamais retomber en amour. Lorsque la Seine en crue vient déposer une jolie sirène prénommée Lula (Marilyn Lima) au pied de la péniche-cabaret où il chante, Gaspard propose de lui venir en aide en l’hébergeant chez lui. 

Or, Lula peut être dangereuse. N’ayant que le chant pour se défendre, elle fait exploser le cœur des hommes quand elle se met à pousser la note. Mais curieusement, Gaspard semble être le seul homme sur terre qui résiste à son chant mortel. Et si c’était finalement une sirène qui lui permettait de redécouvrir l’amour ?

Le cinéaste et musicien Mathias Malzieu.
Photo courtoisie
Le cinéaste et musicien Mathias Malzieu.

L’amour qui fait peur

Mathias Malzieu, qui s’est d’abord fait connaître en tant que chanteur et leader du groupe rock français Dionysos, ne cache pas que le personnage de Gaspard est en quelque sorte son alter ego. 

« C’est vrai que cette histoire est un peu la mienne », admet-il. 

« J’ai déjà vécu une rupture amoureuse qui m’a vraiment chaviré. Contrairement au personnage de mon film, je ne pensais pas que j’étais immunisé au sentiment amoureux. Mais en revanche, je pensais sincèrement que je n’étais pas fait pour la vie de couple et qu’il fallait que je me protège de l’amour parce qu’en fin de compte, ce sentiment me faisait plus de mal que de bien. Mais j’ai finalement rencontré une sorte de sirène qui avait des jambes et qui ne tuait pas les gens avec sa voix, mais qui était tout aussi dangereuse pour moi parce qu’elle représentait tout ce que je craignais, c’est-à-dire l’amour, la beauté et le danger. » 

Ce n’est pas que pour le côté spectaculaire ou fantaisiste de la chose que Mathias Malzieu a voulu revisiter le mythe de la sirène. Le cinéaste qui a réalisé le film d’animation Jack et la mécanique du cœur souhaitait aussi utiliser la métaphore de la sirène pour parler de la condition féminine. 

« Pour moi, Une sirène à Paris est un film féministe, tranche-t-il. Lula est une fille qui a été harcelée toute sa vie. Elle raconte, dans le film, qu’elle a perdu sa mère et qu’elle a dû apprendre à se défendre des hommes. Et finalement, elle en trouve un qui lui démontre que tous les hommes ne sont pas comme cela. J’aimais l’idée de mettre en scène deux personnages qui étaient fermés et qui changent d’avis par le prisme magique de la rencontre amoureuse. »

« Ce n’est pas un film militant. Mais raconter une histoire avec une sirène me permettait d’aborder ce genre de sujet tout en faisant un film pop et décalé, un peu cartoonesque, qui raconte une histoire d’amour. L’idée de réunir tout cela dans un même film me plaisait beaucoup. »


Le film Une sirène à Paris prend l’affiche le 18 juin.